31 mars 2007
une cyber soirée européenne
Je reviendrai ce week-end sur des choses qui m'agacent dans la presse et les commentaires ces temps-ci. En attendant, je relaye cette invitation à une cyber-soirée européenne. Tadaa!!
OK, j'avoue que l'expression me fait sourire.
C'est l'occasion de parler de la France d'une autre façon, d'évoquer notre avenir, l'Europe que nous voulons, la façon dont nous souhaitons qu'elle pèse dans le monde, la façon dont nous souhaitons qu'elle se construise.
EDIT : Voyez ici le compte-rendu!
Le mardi 3 avril prochain Café politique sur la Prochaine présidence française de l'Union.
à 19h au Frog and British Library 114, avenue de France Paris 13ème (à côté de la BNF).
L'Europe...la grande absente de cette campagne présidentielle française... sauf pour nous et pour les internautes européens ! Les Jeunes UDF de Paris vous invitent, dans un cadre convivial, à la première cyber soirée européenne : un débat exceptionnel sur l'Europe avec la participation de jeunes internautes de plusieurs pays d’Europe et de blogueurs français, le 3 avril prochain : réservez votre date !
Notre volonté est d'interpeler directement les intervenants via notamment un réseau d'internautes européens connectés, ou non, en direct. Envoyez-nous dès maintenant vos questions par l'intermédiaire de cette adresse contact@jeunesudf75.org
La soirée débutera par un apéritif à 19h, puis se poursuivra par un débat à partir de 20h30 sur la question européenne.
Nos invités seront :
Jean-Louis BOURLANGES, Député Européen
et
Guillaume KLOSSA, président d’EuropaNova.
Voici les différents thèmes que nous souhaitons aborder :
• Existe-t-il une conscience européenne, ou les Etats Nations, après l’échec du referendum européen en France, sont-ils encore une réalité indépassable ?
• La France a-t-elle encore un rôle à jouer en Europe ?
• Quels sont les enjeux et les défis à relever pour la prochaine Présidence française de l’Union européenne qui prendra effet en Juillet 2008, avec le (la) nouveau (elle) Président(e) de la République ?
18:55 Publié dans réunions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : construction européenne, Europe, Jean-Louis Bourlanges, UDF
François Bayrou : Conseil N. volume 2
François Bayrou : Conseil N. volume 2
Vidéo envoyée par -UDF-
16:15 Publié dans Projet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28 mars 2007
La rue Rampal
Pour une fois, et alors que tout le monde en parle, personne ne dit ce que je pense de cette histoire. D'habitude, je trouve toujours un texte ou une intervention où quelqu'un exprime si exactement mon opinion que je ne vois pas l'utilité d'y revenir.
Là, non seulement je ne retrouve pas cela, mais en plus, pendant les 10 mn où j'ai regardé la télé ce soir, je suis tombée sur Yves Calvi sur France 2, qui se livrait à un tournez manège minuté avec des représentants des 12 candidats. Et pour l'UDF, c'était Maurice Leroy, particulièrement mauvais ce soir, si bien que je suis frustrée.
Bref. C'est quoi le problème avec ce qui s'est passé rue Rampal? D'abord, rétablissons la justice, la vidéo a été filmée par une journaliste, Juliette Warlop. On peut aller lire ici son interview dans 20 mn.
La plupart des candidats sont assez d'accord sur les mesures à prendre contre l'immigration clandestine. Humanité, respect d'un certain nombre de règles, impossibilité d'accueillir "toute la misère du monde" (tout le monde a cité Rocard chez Calvi tout à l'heure). On peut dire aussi qu'il y a une responsabilité à avoir. Qu'on ne peut pas donner de régularisation automatique, même sur critères, parce que derrière il y a des filières clandestines. Tout le monde est d'accord aussi pour dire que le problème c'est l'inégalité Nord-Sud et qu'on arrivera jamais à rien tant qu'on n'aura pas réduit ce fossé.
Quel que soit le candidat élu, il y aura des reconduites à la frontières, ne nous leurrons pas.
Et alors, quoi? il faudrait se dire que ce ne sont que des dommages collatéraux? Arrêter l'angélisme?
Dans ce cas précis, tout est cumulé pour rendre la situation intolérable.
1. A la sortie d'une école. Et ce n'est pas la première fois dans le quartier, c'est même pour ça que Juliette Warlop y était et a pu filmer. A supposer que cet homme ait vraiment fait l'objet d'une décision de justice si urgente qu'il faille l'arrêter toute affaire cessante, il n'est pas nécessaire de le faire devant l'école. Pas devant les enfants, avec des sirènes hurlantes.
2. A la sortie d'une école : cet homme allait y chercher ses petits enfants, qui étaient donc scolarisés. C'est le pénaliser par là où il voulait réussir l'intégration de sa famille.
3. Un chinois : il est peut-être en situation irrégulière, mais son pays c'est la Chine. Ce n'est pas qu'un pays où les gens ont faim, c'est aussi un pays où l'opposition politique n'est pas tolérée.
4. Un vieil homme et ses petits enfants : vous avez dit mesure inhumaine?
5. Dans la vidéo, il y a deux voitures de police. Deux voitures. Pour aller chercher un papi.
Après, il y a la bavure policière. Les gaz lacrymogène sur les enfants, le traitement un peu rude de la journaliste, l'arrestation insensée de la directrice...
Nicolas Sarkozy explique qu'il n'y a "vraiment pas de quoi en faire une polémique", et qu'il n'y est pour rien. Si, il y a de quoi en faire une, de polémique, et s'il ne voit pas pourquoi, c'est grave.
Oui, il est responsable. Ce n'est pas lui qui a tenu la main aux policiers pour qu'ils fassent cette opération là. Mais c'est lui qui a fait de cette question un enjeu, qui a accentué la tension sur ce sujet, et qui en a fait un objectif majeur pour le ministère de l'intérieur (préfectures et forces de l'ordre).
C'est lui qui a voulu que cette lutte contre l'immigration clandestine soit visible, parce qu'il voulait ainsi démontrer l'efficacité de son ministère. C'est donc à cause de lui que quelqu'un, quelque part dans un bureau de police du Nord de Paris, a décidé qu'on pouvait faire des arrestations à la sortie des écoles, que ce n'était pas la peine de faire des filatures.
Le gradé en question a peut-être même pensé qu'il serait félicité pour ça.
Ce climat là, c'est Nicolas Sarkozy qui l'a permis. Si une telle chose s'est produite, c'est en raison précisément de l'empreinte forte de sa personnalité sur le ministère de l'intérieur.
Ce que je sens aussi, devant cette vidéo, c'est la très grande peur des policiers, face à cette foule (c'est aussi pourquoi je pense que l'idée de faire une arrestation devant l'école ne vient pas d'eux). Ils ressentent l'attitude des parents comme une provocation, et c'est pour cela qu'ils dérapent, se mettent à hurler, et sortent les matraques.
C'est grave, ça aussi. Ca veut dire que la méthode Sarko rend inefficaces les gens chargés de l'appliquer. Et a des effets contraires à ce qu'on recherche, puisque les policiers en question se retournent contre ceux qu'ils sont chargés de protéger, que les représentants de l'ordre créent eux-même un désordre.
Tout cela est très perturbant. Je me demande même si ce n'est pas un tout petit peu orchestré. Quand même, c'est étrange de faire plusieurs opérations de ce type devant les écoles, au point d'attirer régulièrement une caméra. Dans son interview, Juliette Warlop explique qu'elle s'est déjà rendue plusieurs fois à ce type d'événement, avec sa caméra, que le réseau éducation sans frontière prévient rapidement ses membres quand il faut agir.
On dirait bien qu'on a laissé monter la tension sciemment. (je sais que j'utilise le "on" d'une façon un peu douteuse, dans le genre théorie du complot. C'est que je ne sais pas exprimer autrement la désagréable impression que tout ça me laisse.)
Je me trompe peut-être. On verra bien ce qui va sortir de tout ça dans les prochains jours.
Edit du lendemain : cet événement rassemble tous les éléments importants de la campagne : l'éducation, la justice et la sécurité, l'ordre, l'immigration. Tout ce qui fait débat. Tout ce que nos candidats essayent de synthétiser pour proposer une vision de l'avenir à nos concitoyens. Et là, que voit-on ? du conflit.
Je trouverais grave que Nicolas Sarkozy ne voie pas où est le problème. On ne peut pas, en cette période, lui demander de reconnaître des torts. Mais s'il trouve que tout est normal dans cette histoire, il ne faut surtout pas voter pour lui, car il ne comprendra jamais rien à ce qui se passera dans le pays s'il est élu.
01:29 Publié dans Les autres | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : rue rampal, ministère de l'intérieur, police, immigration, immigration clandestine, Nicolas Sarkozy, François Bayrou
25 mars 2007
La garde rapprochée de François Bayrou
La garde rapprochée de François Bayrou
Vidéo envoyée par page2007
23:30 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : quitterie delmas, marielle de sarnez, françois Bayrou, campagne présidentielle, UDF
23 mars 2007
Cuisine, toujours...
| Lors du meeting qu'il devait tenir vendredi 23 mars au soir à La Réunion, François Bayrou projettait d'expliquer comment il compte dépasser le clivage droite-gauche : " Ce qu'on nous sert depuis vingt-cinq ans, c'est, à tour de rôle carri volaille et carri canard, mais c'est toujours les plus gros qui prennent les bons morceaux et pour les pauvres, il ne reste que les os. Ce que je propose, c'est de faire un zambrocal avec les meilleurs morceaux. " © Le Monde |
Il est trop fort.
Zambrocal?!
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16:35 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : zambrocal, carri, réunion, François Bayrou, humour
Bayrou au Zénith : Youhou!!
On m'entend, au moment où Bayrou dit "Il arrive que ceux qui travaillent de leurs mains, tout en travaillant, pensent". Il y a des applaudissements (évidemment), et au moment où il reprend la parole, on entend nettement un YOUHOU!!
C'est moi (modestement).
Je suppose que ça fait la même chose à tous les militants : je suis un peu déçue des échos dans la presse. Il reprennent les passages les plus faciles du discours, ceux où Bayrou, en bon politicien, critique les autres candidats, se présente comme proche du peuple, fait allusion à sa simplicité de père de famille...
Alors que ce discours a été remarquable. J'ai eu l'impression d'un tournant dans la campagne (ok, c'est mon premier meeting, et alors? j'ai le droit de voir des tournants où je veux non mais quand même c'est dingue ça).
Il a évoqué tous les thèmes de sa campagne : la rigueur budgétaire, le souci des plus bas revenus, petites retraites, pensions de reversions et bas salaire.
Il a répondu aux critiques faites sur son premier ministre (et vous, cher camarades, ce sera qui votre premier ministre?), ou sur sa majorité (et la majorité de mouvements politiques qui font au max 25%, comment elle se construit? Avec les extrêmes des deux côtés?).
Il a parlé de l'Europe, en européen, c'est à dire en répétant combien c'est nécessaire, et combien pourtant nous avons besoin d'une Europe politique pour sortir du tout économique. En tant qu'européen connu, reconnu, il a pu dire que l'abandon du 12, la mise en concurrence de La Poste, ça n'étaient pas de bonnes choses.
Il a parlé développement durable. Disant que s'il n'avait pas inscrit l'environnement à la session extraordinaire de l'Assemblée qu'il compte convoquer rapidement après son élection (hé ouais, à l'indicatif, j'ai peur de rien moi, niveau grammaire), c'est parce que les préoccupations environnementales et de développement durables doivent être un prisme au travers duquel il faut examiner toutes les mesures du gouvernement. Un sujet de session ordinaire, en fait.
Il a parlé de la précarité. Il a dit qu'il allait faire quelque chose qu'on n'avait jamais fait en meeting politique (on a tous pensé à un strip, évidemment, ou à une danse du ventre, mais non) : il a fait, tenez-vous bien, le budget d'une jeune femme au SMIC, élevant seule ses deux enfants dans une ville de province. (c'est dingue non ;) ). A la fin des soustractions, elle avait plus de 100€ de déficit. En même temps, je le savais déjà... mais c'est vrai que d'autres ne voient pas pourquoi ça fait bizarre de voir traiter comme peanuts des 40 000€ d'escalier. Ou des loyers de 16 000€ dans le 8è.
Il a été drôle, aussi. On le voit un peu sur cette vidéo. Et émouvant, en parlant à ses enfants dans la salle (non, j'ai pas crié "papa", j'ai manqué d'esprit d'a propos, mais c'était la fin, j'étais fatiguée, n'insistez pas...), ou en évoquant sa femme et sa mère dans les Pyrénées.
Il a tenu deux heures, avec un tout petit bout de papier en guise de notes.
C'était vraiment, vraiment très bien. Au temps lointain de ma jeunesse (oui, récriez-vous, c'est le moment), on me parlait des qualités rhétoriques qu'un discours devait réunir, que pour convaincre il fallait savoir émouvoir. On me parlait des qualités physiques de l'orateur qui devait savoir porter sa voix. J'étais juste devant son pupitre, je le voyais se tendre pour porter sa voix sans la casser. J'ai vu quelle performance physique c'est, que de parler devant ces gens. Je l'ai vu garder le sens de ce qui se passait autour de lui, sentir une jeune fille vaciller, s'en inquiéter à la fin du discours, demander ce que criaient les gens dans la salle, réagir aux vivats avec humour ("vous avez raison de m'applaudir, ça me laisse le temps de boire un verre d'eau").
J'ai senti s'installer la communion de la foule autour des paroles de cet homme.
Je suppose qu'il n'est pas le seul à savoir faire ça, que ça fait partie des qualités d'un politicien, et que ça se travaille. N'empêche, le prochain qui dit devant moi qu'il a pas de charisme, je lui balance un Youhou sauvage à la figure. Z'êtes prévenu.
Plus que jamais, je crois qu'il va gagner. Et vous savez quoi? justement parce qu'il baisse ou stagne dans les sondages. Je crois que c'est le signe pour repartir. Jusqu'à présent, il n'avait quasiment rien à faire pour grimper. Une fois qu'il a au réussi à s'imposer dans le paysage en s'attaquant à Chazal, notamment, la hausse a engendré la hausse. Il a suffit de faire entendre aux gens une voix nouvelle pour qu'ils la suivent, pendant que nos deux gagnants annoncés se déchiraient mutuellement. Evidemment, le terme se rapproche. La campagne officielle commence. Ce discours en est un marqueur.
Jusqu'à présent, lors des meeting, il développait un thème, en fonction des rencontres faites sur place. A ma connaissance, c'est la première fois qu'il présente quelque chose de complet, et de concret.
Il a encore toutes ses cartouches. Sur les plateaux, il ne s'en servait pas, volontairement (après Chirac, par exemple). Son programme est prêt, son budget équilibré. Les ralliements continuent.
En guise de conclusion, un 'tite chanson issue de notre répertoire populaire. :D

A bientôt!
Lisette
PS : Au fait, cher piéton de Berlin, je pardonne toujours à un militant son militantisme ;) La preuve, j'aime beaucoup aller chez Koz, qui accueille avec une charmante mauvaise foi des contradicteurs qui tentent de passer le tir serré de ses critiques bien vues (de sa lorgnette, mais bien vues). Et, pour votre information : ce n'est pas le blog qui m'a fait rater ma tarte, mais mes méditations chiraquiennes. (incroyable mais vrai : oyez le triste exemple de la pauvre militante tombée en méditation chiraquienne, et pleurez sur le sort des jeunes qui se gardent point des ravages du militantisme)
02:30 Publié dans Militante, Projet | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : zénith, Bayrou, blabla de fille, militantisme, udf, rhétorique, discours
20 mars 2007
Le centrisme, je peux plus m'en passer
Trouvé aujourd'hui grâce au blog de Cyril Lemieux :
C'est super drôle. Et ça me fait penser que je vous dois une petite revue des guignols.
En attendant, n'oubliez pas :
François Bayrou est au Zénith, demain mercredi à 19h30!!
Lisette
16:25 Publié dans Militante | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Guignols de l'info, François Bayrou, drogues, dépendance, centrisme
Comptines de France : mes interprétations de la campagne du PS et de l'UMP
Ben oui. Je me suis sentie un peu mauvaise française ces derniers jours, moi. Je pense pas en bleu-blanc-rouge, je me fiche éperdument de nos frontières, je pense que le nationalisme c'est de la propagande du 19è siècle... Pire que ça : à chaque fois que je pense à l'avenir de la France, je pense à l'Europe. Je vibre à cette pensée. Avec la France, c'est la même différence qu'entre un amoureux et un meilleur copain. Un meilleur copain, on l'aime bien, on passe du temps avec et c'est cool, on cultive les goûts communs, on parle du passé commun. Avec un amoureux, on fait tout ça, et bien plus, et ... ça fait des papillons partout et des étoiles dans les yeux.
Bref, j'ai décidé de changer. De faire revivre notre patrimoine national. Nos chères campagnes, les veillées dans les chaumières. Parce que bon, je l'aime mon pays. J'en suis même fière. C'est juste que des fois, il débloque un peu. Quand il parle trop de politique ou de sport, par exemple.
Alors voilà une petite interprétation de la campagne présidentielle. Ca m'a pris il y a deux jours à minuit. Je me suis bien éclatée.
Le PS : un cercle vicieux
Bah oui, ces histoires de drapeaux, d'horaires des profs, ces grands écarts européens entre Chevènement et Delors... C'est un peu dur à suivre quand même!! (cliquez sur "podcast")
L'UMP : le menton dans le lait du FN
Je sais bien que Sarko n'est pas un facho. Mais bon, à force de draguer et de chauffer, on finit par coucher. Il ne faut pas jouer avec le feu. Parce que, voyez-vous, il n'y met pas la patte : il y met le menton! (cliquez sur "podcast")
Une autre comptine? cliquez là... ;)
14:05 Publié dans Les autres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : comptines de France, comptines françaises, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, chansons, et ron et ron petit patapon, Chère Elise
17 mars 2007
Pourquoi Sarkozy n'est qu'un beau parleur? C'est un Villepiniste qui vous le dit
Dans ce billet très remonté, le gaulliste libre explique pourquoi ce serait selon lui se renier que de voter pour Nicolas Sarkozy, même si son candidat de prédilection le soutient.
"Son
aisance pour parler en public et le très grand professionnalisme de sa
communication peuvent faire croire aux Français qu’il est compétent et
qu’il a une stature. Mais quelle compétence peut avoir celui qui a été
le pire Ministre du budget de la 5ème République, qui ne
connaît rien à l’économie, qui est capable de présenter un programme
qui coûte plus de 100 milliards (seul José Bové a fait plus), un
Ministre de l’Intérieur dont la politique n’a eu aucune influence sur
les violences aux personnes ou qui ne sait pas si les membres
d’Al-Qaïda sont sunnites ou chiites ? Quelle est la stature d’un homme
qui à l’automne 2006 était encore capable de dire que c’est la France
qui était arrogante sur l’Iraq en 2003, le tout aux Etats-Unis (bonjour
le courage !), un homme qui dit tout et son contraire selon les
personnes auxquelles il s’adresse, un homme qui remet en cause les
principes républicains de laïcité et d’unicité de notre pays, un homme
qui a tant de mal à ne pas déraper (karcher, racaille) ?"
Et il annonce même un programme d'attaque :
"Car
le Ministre de l’Intérieur n’est qu’un beau parleur, certes sans doute
le meilleur dans ce domaine. Mais chez lui, une forme extrêmement
maîtrisée et calibrée camoufle un fond au mieux inconsistant au pire
dangereux. C’est ce que je souhaite montrer dans les jours qui
viennent. Je commencerai par ce qu’il a fait (économie, intérieur,
international, idéal républicain et méthode), avant de reprendre ce
qu’il a proposé dans cette campagne et de finir par la personne. Vous
pourrez constater que mon opposition se nourrit de faits dont un petit
nombre seulement suffirait à disqualifier toute personne pour la
Présidence de la République, d’où mon opposition radicale au candidat
de l’UMP."
Quel suspens!!
C'est extraordinaire, quand on pense à la façon dont s'est construit le centre en France.
Mais Bayrou est un homme qui croit aux idées, à leur force, et qui les met avant l'efficacité électorale. C'est aussi pour ça qu'une fraction des radicaux a demandé à Borloo de le rejoindre : "Certes, nous appartenons à une famille politique associée à l'UMP
sous les auspices de Nicolas Sarkozy, qui préfère tendre la main à
l'extrême droite et délaisser les humanistes, écrivent-ils. Il
ne doit pas y avoir d'hésitation à choisir entre la fidélité à notre
famille politique et l'attachement à notre famille de valeurs."
Et que Corinne Lepage, une femme libre, a confiance en lui lorsqu'il s'agit de débattre et de faire avancer un projet. Ou Azouz Begag. Et d'autres, même si des fois on ne sait pas très bien pourquoi.
... Bon, j'ose ou pas?
Allez, c'est dans Plutarque "conseils aux politiques pour bien gouverner". Au tout début.
"En premier lieu, il faut donc poser au fondement de l'action politique, telle une base solide et ferme, une orientation qui tient son principe dans le discernement et la raison, et non pas une impulsion venant de la vaine gloire, de quelque goût de la dispute ou du manque d'autres activités : en effet, tout comme ceux qui n'ont rien de bon à faire à la maison passent sur l'agora la plus grande partie de leur temps alors qu'ils n'en ont pas beoin, certaines personnes, qui n'ont rien d'intéressant à faire en privé, se jettent dans les affaires publiques en se servant de la politique comme d'un passe-temps. La plupart de ceux qui ont touché à la politique par hasard en sont dégoûtés mais ne peuvent plus s'en retirer facilement (...) Mais celui qui a entrepris de s'occuper des affaires publiques parce que c'est l'activité qui lui convient le mieux et qui est la plus belle d'après son jugement et son raisonnement, il ne redoute rien de tout cela et ne revient pas sur son jugement."
11:30 Publié dans Les autres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Borloo, gaulliste, Plutarque, Corinne Lepage, ralliements, UDF
16 mars 2007
web 2.0
Au fait, vous la connaissiez cette vidéo? Elle circule depuis le début de l'année, je crois. Vue plus de 1 833 560 de fois ce jour sur YouTube. Une très grande réussite, notamment rhétorique, je trouve.
Pour François Bayrou, c'est e-soutiens, le 2.0 des militants... ;) Et puis sexycentriste, des tas de blogs...

Je m'intéresse beaucoup à internet et aux nouveaux médias. Je me suis plusieurs fois posé la question de savoir comment le Net influait sur la campagne. C'est difficile à dire. Le Net, c'est beaucoup les médias traditionnels, en terme de trafic. Aller sur internet chercher de l'information politique, c'est souvent aller voir les pages dédiées du Monde, de TF1, ou d'un autre titre connu. Peu de nouveauté là-dessus.
Le net, c'est aussi les blogs, ces fameux "influenceurs", qui se déclarent ou pas, clairement ou pas. Qui ont une audience importante, mais qui surtout sont au coeur de réseaux faits de gens qui les lisent, et se lisent entre eux, et commentent un peu partout.
Le net, c'est les sites de partage de vidéo comme YouTube ou DailyMotion. Qui ont déjà pas mal influencé la campagne (cf à la fin de ce billet Ségolène et les profs, Duhamel et enfin le pauvre Noël Mamère).
C'est aussi wikipédia, qui intéresse beaucoup Bayrou. Voyez ici, un extrait de son discours du 2 février sur la culture : "C'est un univers nouveau en train de naître.
L'information était jusqu' à maintenant distribuée par des émetteurs vers des récepteurs,
consommateur d'information vous étiez passif. L'information devient active, vous la cherchez et la
retransmettez. Elle est sans limite de temps et de lieu, non filtrée - cela a des inconvénients : Marielle
de Sarnez s'est occupée au Parlement européen d'un rapport sur la pornographie et l'enfance. Mais c'est
un univers qui s'ouvre et qui n'est pas prêt de se fermer. Le partage gratuit y joue un très grand rôle.
Wikipedia : en cinq ans, par contributions volontaires, on a bâtit la plus importante encyclopédie de
l'histoire. Il y avait plein d'erreurs au début, mais de corrections en mises au point, c'est devenu un
instrument extrêmement utilisable. Que tout ne soit pas marchand, c'est la logique quotidienne d'une
grande partie de l'internet." Il enchaîne ensuite sur les questions de droit d'auteur.
Un candidat attentif à ce bouleversement des modes de communication, de diffusion de l'information et de la connaissance, et même de construction de la connaissance, parfois. Et qui y participe. On l'a vu plusieurs fois commenter sur des blogs qui l'intéressent, et il dit passer lui-même deux heures par jour sur internet.
Le Web 3 : Bayrou devant les médias
envoyé par Pierre_Vallet
18:50 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : web 2.0, vidéo, internet, Web 3, wikipedia, François Bayrou, blogs


