30 juin 2007
Non, je ne commenterai pas le mot de Devedjian
C'est naze, et choquant s'agissant d'AM Comparini, qui est courageuse, honnête... une femme formidable.
A la place, je vous renvoie vers les supers vidéos de Margaux, résumant le travail du pôle événement des jeunes de Paris pendant les deux campagnes.
- Les présidentielles :
- Les législatives :<
On a passé ça à une réunion des jeunes, jeudi, où nous accueillions les nouveaux arrivants. Quoi, nouveaux? Hé oui, encore des nouveaux, encore des convaincus... Nous étions environ 200, et la moitié des présents assistaient là à leur première réunion politique.
Ca m'a pas mal reboostée, de rencontrer ces nouveaux, de revoir les anciens, mes amis maintenant, et de me souvenir de la campagne. De la fierté avec laquelle nous avons défendu notre programme et notre candidat.
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Chic alors, quelle annonce, et quelle opportunité!
Aux adhérents UDF-Mouvement Démocrate
Chers amis,
François Bayrou est heureux de vous convier à une réunion d'échanges avec les adhérents UDF-MoDem, le mardi 3 juillet, au siège de l'UDF Mouvement Démocrate, 133 bis rue de l'Université, Paris 7ème, M°. Invalides.
Il répondra à toutes vos questions, écoutera vos attentes et vos réflexions, de 19 heures à 21 heures.
La réunion est ouverte à tous les adhérents UDF-Mouvement Démocrate franciliens, dans la limite des places disponibles.
Un contingent de places par département est prévu afin que tous les départements franciliens puissent être représentés.
Pour accéder à la salle dont la capacité est évidemment réduite, vous devez impérativement vous inscrire préalablement par email. Seuls les adhérents dont l'inscription aura été confirmée pourront accéder à la salle.
Nous regrettons de ne pas pouvoir tous vous accueillir. Sachez que si vous ne pouvez pas venir, vous avez la possibilité de faire parvenir vos questions à François Bayrou qui lui seront posées mardi en votre nom. Vous pourrez retrouver ses réponses sur le site internet du MoDem dans les prochains jours.
Merci de vous inscrire auprès de :
paris@bayrou.fr
Bien amicalement,
L'équipe UDF-MoDem
C'est quand même relativement la classe non?
Bon, je vais me la jouer Ginisty. Si vous avez des questions, balancez des comm', je transmettrai (même si mon inscription n'est pas confirmée... argh)
Je suis en train de lire l'autobiographie de JM Cavada : marche dans le siècle. C'est excellent.
Lisette
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28 juin 2007
Ma toute toute première fois...
Je venais d'avoir 16 ans, c'était à la rentrée 94, aux JDS, les Jeunes Démocrates Sociaux, dans une permanence versaillaise. Je rentrais en première littéraire dans un lycée de la ville nouvelle de Saint Quentin en Yvelines.
Ce qui ne nous rajeunit pas.
Ma mère m'avait inscrite, en me disant que comme ça je pourrai lui donner mon pouvoir aux élections internes. J'ai compris cette année seulement que c'était pour élire François Bayrou à la présidence du CDS. Je le savais peut-être à l'époque, mais j'avais oublié. J'ai fait le rapprochement en dînant avec mon père un soir, au cours de la campagne présidentielle. J'avais accepté, parce que j'aimais bien l'idée du centrisme, la liberté que ça implique, de pouvoir juger indépendamment des esprits de camp, parce que j'aimais bien l'histoire, les émissions d'actualité, et qu'à l'époque je voulais faire Sciences Po.
Or donc, inscrite, j'ai reçu une invitation à une réunion d'accueil. C'est ma maman qui m'a conduite à la permanence. Mes souvenirs sont assez flous. Je me souviens d'une salle rectangulaire, d'une vingtaine de mètres carrés, à la lumière jaune. Peut-être qu'il n'y avait pas de fenêtres. Nous étions assis en demi-cercle. Une quinzaine de personnes je pense.
Un jeune homme présidait la réunion, il a parlé de centrisme, de démocratie-chrétienne, nous a recommandé de lire un Que-Sais-Je sur le sujet, qu'il a fait passer. Je sentais que c'était intellectuellement exigeant, la politique. En tout cas, pour une jeune fille de 16 ans.
J'ai compris cette année seulement le sens de cette discussion. Le projet de Bayrou pour la présidence du CDS portait sur deux thèmes : l'abandon de la référence explicite à la démocratie chrétienne, et la mise en place d'une stratégie d'indépendance par rapport à la droite. (bien sûr, c'était pour succéder à Méhaignerie, et il y avait en jeu également un "renouvellement des pratiques", comme on dit quand on est pudique).
Bayrou voulait que le CDS change de nom. Après son élection, on est devenus "Force Démocrate". Centre des Démocrates Sociaux, tout le monde savait que c'était la démocratie chrétienne, et il pensait que sur ce socle de valeurs, peu ou prou la doctrine sociale de l'Eglise, on pouvait s'accorder avec d'autres sensibilités, et rassembler au-delà des frontières de l'époque : libéraux et radicaux (faisait-il déjà allusion aux sociaux-démocrates? je suppose).
Il n'était pas nécessaire de faire référence à une confession pour défendre des valeurs qui pouvaient très bien être portées conjointement, et donc plus efficacement, avec des laïcs. Il estimait que sur ce socle de valeurs, on pouvait reconstruire une famille centriste, éparpillée en groupuscules au sein d'une UDF affiliée à la droite, mais aussi du côté de la gauche. Si nous voulions que notre sensibilité politique, nos valeurs et nos idéaux, jouent un rôle dans la conduite de notre pays, il fallait que nous puissions parler en notre nom, et donc nous détacher de ce qui était à l'époque le RPR.
L'abandon de la référence à la démocratie chrétienne a fait beaucoup débat au sein du CDS. Ca a été douloureux pour beaucoup. Je suppose que c'est pour ça que le jeune homme qui présidait la réunion a tant insisté là-dessus.
Mais bien sûr, lors d'une réunion d'accueil, il y a le tour de table. Je dis "bien sûr" aujourd'hui, plus de dix ans après, mais à l'époque je ne m'attendais pas à un coup pareil. Déjà, il n'y avait pas de table, et pour une adolescente, ce n'est pas facile de trouver contenance, simplement assise sur une chaise, sans rien pour s'appuyer ou se cacher. Ensuite, tous ces gens autour de moi, ils étaient bien plus mûrs, plus cultivés que moi. C'étaient des adultes. Tous au moins 20 ans! (et probablement plutôt la trentaine, me dis-je aujourd'hui)
Je me souviens d'une jeune femme qui étudiait les "sciences politiques" à l'Université de Versailles Saint Quentin. Ca m'avait drôlement impressionnée.
Crotte de bique, je devais trouver quelque chose à dire, et une manière de le dire. Je me suis demandée ce qui, au fond, justifiait ma présence là, et pourquoi j'avais envie de faire de la politique.
Ben c'était l'Europe. La construction européenne. Enfin, tout ça quoi. Je pouvais pas tellement aller plus loin... et c'est toujours le cas maintenant, j'étais et je suis cabri, et ma paresse intellectuelle se satisfait volontiers de sauter sur une chaise en criant l'Europe, l'Europe. Sauf qu'on m'avait déjà raconté la blague de de Gaulle, en cours, et que j'étais entourée au lycée de gens qui parlaient toujours de la nation, de fierté et d'indépendance, et de je ne sais quoi encore qui n'évoquait rien en moi, donc j'avais une idée des limites de ma position, et des critiques qu'on pouvait y porter.
Deux ans avant, c'était Maastricht, sauf que j'avais 14 ans et que je n'avais ni suivi ni compris, à part que c'était drôlement important, que mes parents étaient pour, et qu'il y avait des gens qui étaient contre mais ça, c'était pas bien.
Mais surtout, cinq ans avant, fin 89, c'était la chute du mur de Berlin et la réunification allemande. A ce moment-là, nous habitions Hambourg. J'avais 11 ans, je rentrais en sixième. J'ai vu tous ces gens qui passaient la frontière, de plus en plus nombreux à mesure que le temps passait, avant même la chute du Mur. Ces gens au teint d'une pâleur un peu étrange, aux vêtements démodés, à l'accent un peu bizarre. Le teint, j'ai compris après que c'étaient les carences vitaminiques. Mon père nous avait emmené près du mur de fer, dans la campagne, en nous disant qu'il fallait que nous voyions ça avant la fin. Des miradors, des barbelés, un no man's land. J'y suis d'ailleurs allée, dans le no man's land (qui n'était pas un no girl's land, par conséquent), parce que j'avais repéré une super chouette pomme de pin. Je me souviens très bien du ton sur lequel mon père m'a rappelée, et du militaire en face qui me regardait en tenant son fusil à deux mains. Nous sommes retournés au même endroit après la réunification, et nous avons passé 15 jours sur ces routes et dans ces villages de l'Est.
Ca marque.
Les frontières, c'est resté ça pour moi. Un truc absurde planté au milieu de nulle part, et qui coupe en deux un territoire, et sépare des gens qui devraient vivre ensemble.
Alors bon, à ma toute première réunion politique, j'ai pas raconté tout ça, d'abord parce que je n'en avais pas vraiment conscience. J'ai pris un ton enthousiaste et chaleureux qui me semblait approprié, et j'ai dit que j'avais 16 ans, et que je voulais faire de la politique pour l'Europe, parce que je me sentais vraiment européenne, et que c'était vraiment important. Très creux, donc, mais, comme à chaque fois qu'on parle d'Europe avec un tout petit peu de lyrisme, j'ai été très applaudie (un peu comme Giscard, quoi:) ). J'étais contente, parce que je savais que c'est important de se faire applaudir, en politique, parce que ça veut dire qu'on a fait passer un "message". Mais je trouvais que c'était un brin exagéré, et qu'il n'y avait pas spécialement de mérite à avoir 16 ans et à trouver que l'Europe, c'est super chouette.
Ca m'a pas trop plu en fait, la politique, ce soir-là. J'ai continué pendant des années à recevoir des nouvelles de Force Démocrate, de l'UDF, avec quelques interruptions.
Cette année, c'était la première fois que je me réabonnais toute seule. Cette fois, c'était pour l'Europe, et pour les français.
Lisette
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18:49 Publié dans réunions | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
Retour sur le traité simplifié
Je ne vais pas me contenter de vous renvoyer vers les réactions de Bayrou ou de Strauss-Kahn, parce que mes lecteurs de droite me trouveraient trop partisane. Pourtant, je trouve leurs réactions équilibrées.
- Strauss : "c'est un mini-accord, mais une bonne base de travail" (voyez ici pour les réactions socialistes)
- Bayrou : "un accord a été trouvé, qui sauve les apparences et permet de sortir de l'impasse où se trouvait l'Union Européenne" (voyez ici la dépêche)
France Inter : l'interview - Le blog de Valéry Giscard d'Estaing, pour la démocratie en Europe
On ne peut pas taxer Giscard d'anti-sarkozyste primaire (d'anti-bayrouisme primaire, si, un peu, mais passons). Donc quand il porte un jugement nuancé sur une action de Nicolas Sarkozy, c'est pas juste pour faire son intéressant, et participer au grand concert de ceusses qui font rien qu'à dire du mal de not' bon président. C'est peut-être parce qu'il pense qu'il n'y a pas de quoi pavoiser. Il commence par dire la même chose que Bayrou, c'est à dire qu'avant d'aller plus loin, il faudrait avoir le texte.
Ensuite, il résume la complexité de la situation de départ :
C’est un compromis en fait entre trois demandes :
- la demande de la présidence allemande qui voulait faire ratifier la Constitution en réalité. Les Allemands ont ratifié -pratiquement à l’unanimité -, 18 pays européens l’ont ratifié et l’idée allemande c’était d’acheter la ratification, donc c’était leur objectif.
- Deuxième demande, les Français, enfin la représentation française qui voulait sortir de l’impasse où l’avait enfermé le référendum d’il y a deux ans. Comment sortir de l’impasse ?
ND : C’est l’idée du traité simplifié.
VGE : On avait imaginé que ce soit par un traité simplifié, sans bien dire ce qu’il y aurait dans ce traité et comment il serait simplifié. Et puis il y avait une troisième demande qui était la demande des Britanniques : empêcher toute avancée de l’intégration européenne. Cela fait trois demandes...
"il faut attendre le texte, parce qu’il faut savoir qu’au lieu d’avoir un traité, on en aura deux, ça serait contenu dans deux traités, qu’on conserve tous les traités antérieurs qui sont un paquet monumental parce qu’ils font plus de 1.100 pages et donc, est-ce que le total de ces deux traités et des traités antérieurs, ça sera une simplification ? On le verra à la fin."
C'est incroyable comme ce qu'il dit, donc, rejoint le jugement des autres pro-européens. (les anti, ils ne seront jamais contents et sans référendum on ne pourra jamais les faire taire...)
Bien sûr, c'est Giscard qui avait présidé la convention, et c'est lui qui avait porté devant les peuples le Traité Constitutionnel, ce texte lourd et compliqué. Mais quand on rêve que l'Europe se fasse pour de vrai, on veut toujours le mieux, et on est pas prêt à accepter des vessies pour des lanternes.
Entendons-nous bien : je suis heureuse que tout le monde s'accorde finalement et que, comme le dit Bayrou, on soit "sortis de l'impasse". Merci tout le monde.
Mais pour sortir d'une ornière, on peut pousser le véhicule vers l'avant, ou bien le tirer vers l'arrière. Dans un cas, on a franchit l'obstacle, dans l'autre on s'est dégagé, mais il reste devant nous.
Ne nous méprenons pas. La campagne présidentielle est finie, il n'y a plus à choisir un président : Nicolas Sarkozy est notre président, il nous représente dans les conférences internationales. Il serait insensé d'imaginer ce que untel ou untel aurait fait à sa place, en mieux ou en moins bien. C'est terminé la campagne.
Mais celle-ci s'est tellement passionnément concentrée sur la personnalité d'un seul homme qu'il semble à beaucoup des 53% qui ont voté pour lui au second tour qu'ils ont le devoir de le défendre encore, et que tout ce qu'il fait est forcément extraordinaire.
Comme si l'Europe était sauvée rien que par la grâce de l'élection française... Ben non, en fait non.
Pour aller plus loin, je vous engage à suivre ces liens : Certain ideas of Europe, par un journaliste de The Economist. Et toujours l'excellent blog Coulisses de Bruxelles, de Jean Quatremer (Libé).
Lisette
02:52 Publié dans Projet | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
26 juin 2007
Militer
A refuser d'ouvrir les yeux, à penser qu'on ne peut rien à ce qu'on est, on renonce de fait à sa liberté, tout en accusant les circonstances extérieures. Et quand on renonce à essayer d'être libre, on est pas loin de renoncer à son humanité (**).
Ce petit préambule pour vous dire que je suis en train de réfléchir, ce qui ne m'arrive que périodiquement (si je dis "exercices réguliers pour lever le brouillard", ça veut pas dire que c'est tous les quatre matins)
Quelles sont les raisons qui m'ont fait commencer à militer au mois de janvier, et valent-elles encore? Je vais commencer par les bonnes raisons, les citoyennes.
Je me souviens de ma stupéfaction le soir du 21 avril 2002. J'avais voté Bayrou au premier tour, et j'avais décidé que je voterai Jospin au second. Bayrou, c'était pour l'Europe, pour la voie d'indépendance du centre qu'il défendait déjà avec force, et parce que c'est le vote traditionnel dans ma famille.
Après le 21 avril, je me suis dit que nous avions un problème de démocratie, qui est fondamentalement un problème de confiance : les politiques ne sont pas considérés comme des "représentants du peuple", mais comme une classe à part, des élites au pouvoir, dont les motivations sont les mêmes que les autres riches et puissants. Quand j'ai vu que le FN n'avait pas un seul député, je me suis dit que ça n'allait pas s'améliorer.
J'ai pensé militer à l'UDF à ce moment là déjà, parce que je pensais que l'une des raisons de la perte de confiance, c'est la persistance d'une ligne de frontière dénuée de sens dans notre vie politique. Droite, gauche, PS, UMP, ça ne permet pas de parler des problèmes qui se posaient à nous : ni de l'Europe, ni de l'environnement, ni de l'éducation, ni de rien.
Aux législatives, j'ai voté pour la majorité présidentielle, pour une députée que je ne connaissais pas du tout (comme la plupart des gens. Au mois de décembre, je ne savais ni le nom de mon député, ni même à dire vrai le nom du maire de mon arrondissement, comme la plupart des gens je pense). Il se trouve que c'était AM Comparini, et qu'elle était UDF, mais je ne le savais pas vraiment, ça m'a évité de devoir trop réfléchir à la continuité entre mon vote aux présidentielles pour Bayrou et celui pour les législatives. Moi, ce que je voulais, c'était "majorité présidentielle". Parce que je voulais que quelqu'un fasse quelque chose, et je pensais que c'était très urgent. Je me disais que Chirac aurait tout les pouvoirs, et que, comme il ne se représenterait pas en 2007, il pourrait agir vraiment selon le bien commun, pendant 5 ans, et non pas pour assurer sa réélection. J'ai été déçue (sans blague).
L'UDF m'a aussi déçue pendant cette période. Je ne comprenais pas pourquoi toutes les alliances continuaient à se faire avec la droite. Aux régionales de 2004, à Paris, j'avais voté Santini au premier tour. Oui, parce qu'il est sympa, Santini, il a bien travaillé à Issy, et puis mon grand-père et ma mère disaient "Dédé" en parlant de lui. J'avais même été à un conseil national chez lui, avec Maman (vous voyez venir le truc là), je ne me souviens plus si c'était en 2002 ou en 2004. On avait parlé de "parti libre", d'indépendance. C'était chouette, j'étais d'accord. Je me disais que en 2002, avec la création de l'UMP ça ne le pouvait pas, mais que là, on allait jouer notre carte à nous. Je vote donc Santini. Et là, paf, au second tour, Santini il fait liste commune avec Coppé, dont la seule chose que j'avais comprise, c'est qu'il était proche de Sarkozy. Hors de question. J'ai voté Huchon. Et j'ai laissé tomber mes velléités de militantisme.
Ensuite, entre plusieurs émeutes, il y a eu le 29 mai. Je l'ai vécu comme un traumatisme. Quand on observe l'Etat du monde, je trouve que peu de choses sont porteuses d'espoir. La construction européenne fait partie de ces choses. Je sais que je suis un peu trop romantique, je fais clairement partie de ces cabris qui sautent sur une chaise en criant "l'Europe, l'Europe", et à qui ça peut suffire (même si j'essaye de me cultiver). Pour moi, l'Europe, c'est l'idée d'une Nation qui prend forme et se donne un contour géopolitique sans passer par la guerre (après avoir mis le monde à feu et à sang, pour résumer, et sans passer par la case colonialisme et esclavage). C'est proprement enthousiasmant.
Alors le vote non, ça m'a achevée. Nous étions en passe de franchir le cap politique de cette construction. J'étais tellement sonnée que j'ai pensé pendant 3 jours que le suffrage universel était une mauvaise chose. Je m'en suis remise, mais je ne pardonnerai jamais à Fabius. Et surtout je me suis dit que la prochaine fois, je ne laisserai pas les choses se faire sans moi. Le prochain scrutin, je donnerai de la voix. Cette conviction s'est renforcée au cours des mois qui ont suivi. J'ai compris petit à petit les raisons du non, et que certaines de ces raisons pouvaient être bonnes, ou en tout cas se comprendre. Mais aussi que beaucoup de gens n'avaient pas compris, et qu'il aurait fallu plus d'explication.
J'étais sonnée aussi parce que j'avais perdu ma maman un mois avant, et que son dernier combat politique avait été le TCE. Il ne lui restait plus que quelques mois à vivre, et profitant d'une rémission, elle participait à une conférence sur les enjeux de l'Europe, dans mon coin de Bretagne. Je me souviens qu'elle avait travaillé avec mon petit frère. Ca s'était drôlement bien passé, elle était fière. J'ai donc pris le non au TCE comme une insulte insupportable à la mémoire de ma mère.
Mais là, nous touchons aux mauvaises raisons qui m'ont fait commencer à militer. Ce sera pour une prochaine fois.
Lisette
(*) liberté sans laquelle il n'y a pas de moralité, de toute façon. (il reste un bien et un mal, dans l'absolu, mais sans subjectivité pour choisir ou rejeter, il n'y a pas de moralité)
(**) soit dit sans référence religieuse, mais cette réflexion prend sens dans une vie de foi.
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23:05 Publié dans Militante | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : maman, Europe, TCE, constitution européenne, militer, politique, engagement
25 juin 2007
Un peu de lecture
Bonne table des matières je trouve : rien de nouveau, mais ça a l'air d'un point efficace sur l'état de la réflexion. Je vais lire.
Trouvé ici.
Edit du lendemain : ça se lit très vite, et c'est très clair, vous pouvez y aller, ça vaut le coup. A. Cabanis reprend les thèses de trois ouvrages récents sur le sujet. Ca manque un peu de perspective historique, peut-être (pas la première révolution médiologique), mais il fait efficacement le lien entre changements technologiques, réflexion sur le fond et conséquences économiques. Et puis c'est un bon point de départ vers le web 2.0 si vous n'êtes pas à l'aise.
Edit bis : mais pourquoi il l'a pas déposée sur une archive ouverte???
14:50 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : medias, web 2.0, 2.0, nouvelles technologies, convergence
23 juin 2007
Ils y sont arrivés
Pour un compte rendu des heurts et malheurs de la négociation, voyez chez Jean Quatremer. Et Giscard se fend d'un blog pour expliquer à quelle aune, à son avis, il faudra juger le nouveau texte. Il le fait vraiment, d'ailleurs, en répondant à ses commentateurs.
A priori, quand les gens trouvent un accord, je suis contente. On verra ensuite ce qu'il a fallu sacrifier, et comment seront établies les majorités pour les votes, quel sera le poids de l'Allemagne, etc...
Mais on ne m'ôtera pas de l'idée que la vision de ces politiques enfermés dans un bâtiment toute une nuit, et finissant par nous sortir un texte ... ce n'est pas une image démocratique. Ca ne contribue pas à montrer que c'est l'Europe des peuples qui est en marche après l'Europe des technocrates, que nous allons avoir réellement une citoyenneté européenne qui était un peu virtuelle.
Il faut un référendum.
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12:25 Publié dans Projet | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : europe, quatremer, giscard, TCE, mini-traité
21 juin 2007
Notulatrice
Grâce à Jean Véronis (et JK Huysmans, ce qui n'est pas qu'un peu snob), je sais enfin ce qu'est Lisette :
« C'étaient les petits merciers de l'histoire, des camelots, des notulateurs qui pointillaient sans donner un ensemble, comme font maintenant les peintres qui punaisent les tons, comme les décadents qui cuisinent des hachis de mots ! »
.... pour parler des mauvais historiens.
C'est tout moi. Dilettante, décadente, et pas très bonne en histoire (y'avait trop de trucs à apprendre). Et puis si vous allez faire un tour sur le lien vers Là-Bas et cherchez "notulateurs", vous pourrez lire le passage au sujet de ces mauvais historiens. On pourrait en appliquer une bonne partie à la blogosphère : "ils gommaient des notes, les collaient les unes à la suite des autres, ne gardaient, bien entendu, que celles qui pouvaient soutenir la fantaisie de leurs contes."
Notulatrice, donc! Je crois que je viens d'ajouter un nouveau mot à notre langue. Rien de tel pour commencer la journée.
Lisette
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11:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : notulatrice, veronis, huysmans, bloguer
Sexy démocrates aux états unis?
I've Got a Crush on Obama
Vidéo envoyée par mikerouse
01:40 Publié dans Les autres | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sexycentriste, democrates, obama, kerry
20 juin 2007
Mouvements
Vu chez Ginisty : l'affaire Hamon.
Parce que ça m'a vraiment énervée ce matin.
Un peu moins vindicatif (et plus fondé, venant de moi qui n'ait aucun élément pour juger) :
Comme le dit Ginisty, toujours lui, c'est quand même un peu dommage d'élire un député centriste, maire de sa commune, et de se retrouver avec un député UMP, maire de la commune d'à côté. Ou bien alors....
Oh... Je comprends...
Peut-être qu'à partir du moment où on décide de construire ses alliances d'un seul côté, alors même que se met en route un mouvement centriste indépendant, c'est qu'on est plus centriste? Que forcément on devient interchangeable avec un quelconque membre du parti allié? Sans blague?
Ca m'agace... Ce n'est quand même pas n'importe qui, mais j'ai du mal à me réjouir pour lui.Allez, souhaitons-lui bonne chance à ce poste difficile...
Pourvu que certains députés se rendent compte que le Nouveau Centre est au mieux une illusion, au pire un moyen politicien d'obtenir des postes.
A propos de gens qui pourraient nous rejoindre, j'avoue que je n'ai pas pu m'empêcher de lire ça avec espoir. DSK quitte le bureau national du PS...
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