22 juillet 2007

Médiateur (4) : recalé

"Les réclamations des étudiants concernent surtout les inscriptions, les examens et les bourses (...) Dans certains cas, il y a une décision qui ne s'explique pas, comme le montre l'exemple suivant :
Cet étudiant dans un institut interne à une université est ajourné par le jury à son examen de maîtrise de sciences et techniques, avec une moyenne de 9,9997 sur 20. Il s'avère que l'intéressé est, par ailleurs, deux fois lauréat d'un prix, ce qui fait honneur à son institut. Il a créé une entreprise (encore un bon point pour l'institut). Il est le seul candidat de sa promotion non admis.
Comme il se doit, le médiateur ne saurait contester le principe de souveraineté du jury, mais il a été surpris par l'extrême sévérité de ce dernier qui a éliminé le candidat pour 3 millièmes de point. De l'étude du dossier, il ressort que l'établissement avait des griefs à faire valoir qui avait conduit le jury à déclarer comme défaillant l'intéressé au bloc "ECTS (European Credit Transfer System), crédits à l'étranger."  Après une médiation qui a duré 6 mois, un contrôle des connaissances complémentaire a été organisé, et finalement cet étudiant a obtenu sa maîtrise de sciences et techniques avec la mention passable, rendant par là même caduc son recours devant le tribunal administratif pour vice de forme que l'intéressé avait introduit.

Il faut signaler que dans ce dossier, le médiateur a trouvé deux interlocuteurs compréhensifs qui l'ont aidé dans ses démrahces : le vice président du conseil des études et de la vie universitaire et le secrétaire général de l'université."

 Six mois. 

Il a dû sacrément agacer un de ses profs!!! 

Lisette 

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21 juillet 2007

le rapport du Médiateur (3) : bonne pédagogie

Un nouvel extrait du rapport du médiateur.

"... les relations difficiles entre parents et enseignants lorsque, en particulier, l'institution a fermé les yeux sur le comportement inadmissible d'un enseignant :

Le médiateur est saisi par courriel d'une demande de conseil émanant de parents dont le fils, scolarisé en CE1, est malmené par son enseignant : attaques verbales répétées (nul, crétin, imbécile, âne bâté...) et violences physiques (en particulier une oreille décollée avec photos à l'appui.) Plusieurs entrevues ont eu lieu avec l'enseignant et la directrice de l'école, mais rien ne change. Un courrier a été adressé à l'inspecteur de l'éducation nationale (IEN) de circonscription, sans plus d'effet. Le médiateur interroge les parents pour essayer de comprendre ce qui se passe. L'enfant est assez réservé et a peu confiance en lui. Il en en outre des problèmes de compréhension des consignes et il est suivi par une orthophoniste. Mais jusqu'alors, sa scolarité s'est déroulée normalement. Les parents, nouveaux dans le secteur, interrogent d'autres parents d'élèves et apprennent que l'enseignant est coutumier du fait et que leur fils n'est pas le seul à subir injures et coups. A la grande surprise du médiateur, qui prend immédiatement l'attache de l'IEN, cet enseignant est bien connu pour ses méthodes "musclées", mais comme par ailleurs il possède une bonne approche pédagogique, rien n'a jamais été fait contre lui. le médiateur suggère qu'une rencontre ait lieu avec l'enseignant, la directrice et les parents, en présence de l'IEN. Lors de cette rencontre, l'enseignant reconnaît les faits et s'excuse auprès des parents. L'IEN le met en garde, oralement, contre toute récidive, mais le médiateur demande qu'un rappel écrit soit adressé à l'enseignant, indiquant qu'aucun geste violent ni parole blessante à l'encontre des élèves ne peuvent être tolérées. Cela sera fait par l'inspecteur d'académie.

(l'auteur précise ensuite que les violences physiques restent l'exception, mais que le médiateur est "régulièrement" saisi par des parents concernant des violences verbales subies par leur enfant de la part d'enseignant)"

Etonnant non?
On en fait rien parce qu'il a "une bonne approche pédagogique". Ca doit être du jargon administratif que je comprends pas.  Certainement qu'en fait ils veulent dire : "il suit bien les programmes", ou bien "il crache sur la méthode globale". Parce que, en bon français, quand un maître se permet "gestes violents" et "paroles blessantes" à l'égard de ses élèves, de façon régulière, et en particulier sur un enfant décrit comme "timide", je me dis qu'à aucun moment on ne peut parler de "bonne pédagogie". En bon français, en tout cas. En langage administratif, c'est autre chose, on peut dire n'importe quoi dans ce cas-là.

Au fond, je pense qu'il ne faut pas que cette personne enseigne. L'objectif de ce passage du rapport du médiateur est manifestement  de montrer que le médiateur, lui, a réussi à faire quelque chose, alors que ni la directrice de l'école, ni l'inspecteur, n'avaient avancé. Mais je vois mal ce qu'il a changé, là.

 Lisette

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20 juillet 2007

Morceaux choisis du rapport du médiateur de l'éducation nationale (2) : Joyeuses baffes

Un nouvel extrait du rapport du médiateur.

"Parfois, c'est l'institution même qui laisse la violence s'installer. L'exemple suivant montre qu'un chef d'établissement se doit de réagir devant toute violence :
Un élève a été victime d'une première agression de type "joyeuses baffes" (happy slapping) : un groupe d'élèves l'attaque, le jette à terre et le frappe à coups de pied et de poing pendant qu'un autre élève filme la scène avec son portable. Cette première agression dont l'élève, humilié, n'a parlé à personne et surtout pas à ses parents, n'est révélée qu'à l'occasion d'une deuxième agression. Il s'agit d'un "jeu", paraît-il, courant dans le collège : on baisse le pantalon et on arrache le slip. Cela s'est déroulé durant le cours d'éducation physique au moment de l'épreuve de course.
Les parents portent plainte auprès de la gendarmerie, malgré la réticence du gendarme référent qui leur conseille de déposer seulement une main courante. ils dont constater les blessures. Le chef d'établissement réunit un conseil de discipline pour ce deuxième fait, le premier lui paraissant trop éloigné et certains agresseurs étant présents dans les deux  cas. Les parents n'acceptent pas cette décision et saisissent la médiation. Il faudra un entretien du médiateur académique avec le chef d'établissement pour le convaincre de la nécessité de réunir un conseil de discipline pour la première agression.
"

On sait que ce genre de choses arrive, qu'il y a toujours eu des jeux dangereux et des têtes de turcs dans les cours de récré. Comme j'ai été "la petite nouvelle", à force de déménagements, et que j'étais jusqu'à l'adolescence une petite fille timide, j'ai quelques souvenirs d'enfance assez marquants. Rien du niveau d'un happy slapping, heureusement pour moi. Mais je sais que ça existe. Déplorons, et voyons comment réagissent les adultes.

Je ne comprends pas trop la remarque du médiateur : pour lui, le principal devait à tout prix faire deux conseils de discipline, et en refusant, ou en se faisant prier, il "laisse la violence s'installer" (c'est fort comme expression!!!).
Cela ne me paraît pas évident d'après les éléments fournis. Ce qu'il fallait, effectivement, c'était évoquer les deux agressions dans le cadre du conseil de discipline, mais de là à le réunir deux fois il y a un pas qu'il ne me semble pas nécessaire de franchir. D'autant qu'une plainte avait été déposée en gendarmerie, et j'imagine que ce genre de chose a des suites.
Et puis, un conseil de discipline, c'est tout un travail à préparer, administrativement. Est-il bien utile d'en faire DEUX? Plutôt que, par exemple, préparer les conseils de classe ou recevoir les enfants qui font des bêtises (à la première incartade, s'pas) et les parents inquiets?
Le médiateur et les parents semblent penser que oui. Admettons...

Mais vous avez deviné la véritable raison pour moi de sélectionner cet extrait : joyeuses baffes. C'est la première fois que je vois une tentative de traduction pour ce jeu stupide. Je comprends pourquoi.
Que toute cette violence soit l'occasion de vous parler d'un podcast très drôle sur iTunes et YouTube : Happy Slip.
Enjoy! :)

Lisette



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19 juillet 2007

Morceaux choisis du rapport du médiateur de l'éducation nationale (1) : Macaque sans poils

Comme vous l'avez sans doute remarqué, je suis en vacances de blog (et un peu de politique, aussi). Je suis toujours à Paris, cependant, ce qui me permet de continuer à avoir quelques grandes joies professionnelles.
Par exemple, la lecture du rapport du médiateur de l'éducation nationale, Jean Marie Jutant, fut un grand moment de ces derniers jours. J'ai décidé d'en publier ici quelques morceaux choisis, histoire de rigoler un peu. Je prends dans le corps du rapport des extraits (en italiques) de rapports des médiateurs académiques, avec le commentaire du médiateur national.

"... pour des faits de violence, le paradoxe vient parfois des parents des auteurs de ces actes, qui se plaignent que les sanctions prononcées à l'encontre de leur jeune soient trop sévères. La crainte du maintien de la mention de l'exclusion temporaire sur le livret scolaire est régulièrement évoquée.

L'exemple suivant est révélateur de la perte de confiance par les parents envers l'autorité et dans le rôle éducatif de la sanction :

Une mère d'élève de CE2 scolarisée dans une école privée écrit au médiateur. Sa fille a tordu le bras d'une de ses camarades en la traitant de
"macaque sans poil". La religieuse responsable du réfectoire l'a grondée et l'a changée de place, car elle était à la même table que la petite camarade ; elle l'a menacée de ne plus faire sa première communion. Vu cet état d'esprit, la mère est venue le lendemain ; les explications lui ont été fournies et la directrice croyait le problème réglé. Loin s'en faut, la mère exigeant des "excuses publiques" à sa fille par la religieuse! Le médiateur appelle la directrice et lui conseille de convoquer la maman et sa fille pour mettre "les choses à plat"  il n'est pas question qu'un adulte fasse des excuses à une fillette qui plus est a eu un comportement inadmissible. le médiateur appelle la mère pour lui expliquer cela ; la mère le remercie mais attend la convocation."

Tout y est pour en faire un modèle du genre : le contexte, l'intervention de la religieuse, le pittoresque de l'insulte et de la menace de punition. Cette anecdote est ma préférée. "Macaque sans poil". C'est digne du capitaine Haddock! Je me demande où elle a pris cette idée.

Nous tirerons une application pratique : désormais, les commentateurs peu scrupuleux seront appelés "macaques sans poils". Le premier à mériter cette désignation sera Bilou/Jean Gabriel/Hugoulin, qui poste maladroitement deux ou trois fois fois le même commentaire de propagande à deux jours d'intervalle, dans un billet sans aucun rapport avec le schmilblick.

Lisette




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25 juin 2007

Un peu de lecture

Bonne table des matières je trouve : rien de nouveau, mais ça a l'air d'un point efficace sur l'état de la réflexion. Je vais lire.
Trouvé ici

 Edit du lendemain : ça se lit très vite, et c'est très clair, vous pouvez y aller, ça vaut le coup. A. Cabanis reprend les thèses de trois ouvrages récents sur le sujet. Ca manque un peu de perspective historique, peut-être (pas la première révolution médiologique), mais il fait efficacement le lien entre changements technologiques, réflexion sur le fond et conséquences économiques. Et puis c'est un bon point de départ vers le web 2.0 si vous n'êtes pas à l'aise. 

Edit bis : mais pourquoi il l'a pas déposée sur une archive ouverte??? 

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