31 juillet 2007
le handicap de la société française d'après Devedjian
M. Devedjian : "L'ouverture sera prolongée lors des municipales" : Dans un entretien au Monde, le secrétaire général de l'UMP estime qu'un "des grands handicaps de la société française à se réformer et à se moderniser est dû à l'antagonisme systématique entre la droite et la gauche".
Ce sera développé dans le monde de cet après-midi.
Le même qui traitait AM Comparini de salope, parce qu'elle ne voulait pas jouer la politique des camps et de l'antagonisme systématique?
On m'aurait dit ça au mois de janvier, ça m'aurait bien fait rire. Ca fait à peine 7 mois...
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21 juin 2007
Sexy démocrates aux états unis?
I've Got a Crush on Obama
Vidéo envoyée par mikerouse
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20 juin 2007
Mouvements
Vu chez Ginisty : l'affaire Hamon.
Parce que ça m'a vraiment énervée ce matin.
Un peu moins vindicatif (et plus fondé, venant de moi qui n'ait aucun élément pour juger) :
Comme le dit Ginisty, toujours lui, c'est quand même un peu dommage d'élire un député centriste, maire de sa commune, et de se retrouver avec un député UMP, maire de la commune d'à côté. Ou bien alors....
Oh... Je comprends...
Peut-être qu'à partir du moment où on décide de construire ses alliances d'un seul côté, alors même que se met en route un mouvement centriste indépendant, c'est qu'on est plus centriste? Que forcément on devient interchangeable avec un quelconque membre du parti allié? Sans blague?
Ca m'agace... Ce n'est quand même pas n'importe qui, mais j'ai du mal à me réjouir pour lui.Allez, souhaitons-lui bonne chance à ce poste difficile...
Pourvu que certains députés se rendent compte que le Nouveau Centre est au mieux une illusion, au pire un moyen politicien d'obtenir des postes.
A propos de gens qui pourraient nous rejoindre, j'avoue que je n'ai pas pu m'empêcher de lire ça avec espoir. DSK quitte le bureau national du PS...
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18 mai 2007
Glanceability, Guy Môquet, et d'autres personnages....
Glanceability is about enabling "users to understand information with low cognitive effort".
C'est chez Lorcan Dempsey, qui cite un papier de gens de Berkeley. Oui, je sais je lis des trucs bizarres.
Ca ne m'a pas fait du tout penser à ce à quoi ça devait me faire penser, c'est à dire le boulot, mais ça m'a fait penser à Sarko.
Vous le savez, ces jours-ci, on a encore le droit à un mini-scandale. Il faudrait lire la lettre d'adieu de Guy Môquet dans tous les lycées de France à la rentrée (un lien vers l'académie de Versailles, parce que personne à l'Education Nationale n'a attendu hier pour trouver que c'était une belle histoire à raconter aux jeunes). Entendons-nous bien : j'ai trouvée très bien la première journée du président. La lecture de cette terrible lettre à la cascade du bois de Boulogne, c'était carrément magnifique, et ça valait le coup de le faire.
Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi.
Certes, j’aurai voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino [1]. Quant au véritable je ne peux le faire hélas !
J’éspère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour.
A toi, petit Papa, si je t’ai fait, ainsi qu’à petite Maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis et à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi ! Ma vie a été courte !
Je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous.
Je vais mourir avec Tintin, Michels.
Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes,
c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en
mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi Maman, Serge, Papa,
je vous embrasse de tout mon cœur d’enfant.
Courage !
Votre Guy qui vous aime
Dernières pensées : "Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"
On a forcément les yeux humides en lisant une telle lettre. Mais vous savez pourquoi? Ce n’est pas parce que c’est un héros ! C’est "juste" parce que c’est un gosse qui va mourir et que c’est inconcevable. Mais comme les enfants malades il est capable de soutenir ceux qu’il aime dans cette épreuve. Parce qu’il est tendre, et que les mots de l’amour touchent toujours. Parce que c’est un écrit intime, et qu’on est forcément saisis d’être inclus dans le cercle restreint des destinataires premiers de cette lettre.
L'héroïsme, le sens de l'honneur, la camaraderie... toutes les valeurs que ce jeune homme incarnent aujourd'hui doivent normalement déclencher chez ceux qui les évoquent une certaine exaltation. Pas des larmes! Si on pleure, c'est parce qu'il va mourir.
Les ressorts de l'émotion de ce texte sont les mêmes que ceux qui nous amènent à pleurer la mort de Grégory Lemarchal (prenons un exemple récent). Fauché en pleine jeunesse, et si courageux, si mûr et si intelligent...
La lettre de Guy Môquet bloque toute analyse, parce qu'elle prend aux tripes. Après l'avoir lue, on ne peut plus se demander ce qui fait qu'un ado part en guerre, et ce qui a différencié Guy Môquet des jeunes terroristes d'aujourd'hui, ou des jeunes allemands d'autrefois tombés sur le front Est (bien des choses, mais pas juste le patriotisme ou le sens de l'honneur, ni même la camaraderie). On ne peut pas réfléchir à ce que signifiait être communiste à cette époque, ni quelle était la France qu'il défendait.
Cette très belle lettre, utilisée de cette façon, nous prend en otage de l'émotion qu'elle dégage. Il faut un solide sens de l'analyse pour passer à un discours rationnel, et en tirer des conséquences.
Alors, à quoi cela sert-il? Reprenons le discours présidentiel :
""Si j'ai tenu à faire ici ma première commémoration en tant que président de la République, dans ce lieu où de jeunes Français furent assassinés parce qu'ils ne pouvaient pas concevoir que la France reniât toute son histoire et toutes ses valeurs, (...) c'est parce que je crois qu'il est essentiel d'expliquer à nos enfants ce qu'est un jeune Français, qu'il est essentiel de leur montrer à travers le sacrifice de quelques-uns, de ces héros anonymes dont les livres d'histoire ne parlent pas, ce qu'est la grandeur d'un homme qui se donne à une cause plus grande que lui.
Je veux par ce geste que nos enfants mesurent l'horreur de la guerre et à quelles
extrémités barbares elle peut conduire les peuples les plus civilisés. Cela s'est passé en France, cela s'est passé en Europe, cela s'est passé au XXe siècle. (...)
Que le souvenir du grand crime que nous commémorons aujourd'hui vous pousse à oeuvrer pour la paix entre les hommes. Qu'il vous fasse comprendre que pour mettre fin au cycle éternel du ressentiment et de la vengeance, il a fallu construire l'Europe. Qu'il vous fasse comprendre pourquoi la réconciliation franco-allemande fut une sorte de miracle et pourquoi jamais rien ne doit conduire à sacrifier l'amitié qui après tant d'épreuves lie désormais le peuple français au peuple allemand."
Formidable, je cris bravo! Moi aussi je crois que c'est dans cette période de notre histoire qu'il faut refonder notre unité, et que c'est en y repensant qu'on comprend que l'Europe est non seulement une nécessité absolue, mais surtout une très belle et très grande idée... C'est ce que Bayrou avait redit au Zénith, et là aussi ça m'avait fait pleurer.
Je suis d'accord à 100%, c'est très bon. OK il parle aux "enfants de France", et moi je dis toujours aux enfants de pas laisser des inconnus leur parler mais passons ;). Au passage, il fait la nique à tous ceux qui l'ont traité de fasciste, c'est très bien, c'était pas vrai.
Nicolas Sarkozy nous prend par les sentiments, mais c'est pour amener à des idées avec lesquelles je suis en accord.
Ce que je ne comprend pas, c'est la suite.
Quand il veut faire lire ce texte-là à chaque rentrée dans les classes de lycée. De quoi il se mêle?
Il faut contextualiser un texte pareil, expliquer de quoi il en retourne, ce qui était en jeu, qui étaient les protagonistes. C'est ce qu'il fait dans son discours... mais s'il pense qu'un discours est plus écouté par les jeunes qu'on cours en classe, il se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate le gars. Et puis il vit où, Sarkozy, pour penser que la lettre de Guy Môquet et l'histoire des fusillés n'est pas racontée dans TOUS les manuels d'histoire de Tle (puisque c'est en 3è et en Tle qu'on aborde cette période)
Pourquoi cette lettre-là en particulier? Il y a bien d'autres textes sur le même sujet, bien d'autres exemples à donner. Je voudrais rappeler ici que Bayrou avait récité la rose et le réséda d'Aragon en entier lors de son discours au Zénith, un extrait (poème entier ici je me paye encore le luxe de vous le donner sur une page d'un prof de français, pour que vous voyiez à quel point les valeurs en question ne sont pas occultées dans nos lycées) :
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Ca raconte l'unité, l'amour du pays, la France rassemblée, les croyants et les communistes partageant les mêmes valeurs jusque dans la mort. Les mêmes valeurs. Je signale également que dans les pages d'accueil de l'UDF, il est fait allusion parmi 'autres figures tutélaires à Gilbert Dru le résistant lyonnais mort à 24 ans. Je rappelle à toutes fins utiles que le chant des partisans est un des hymnes favoris de la gauche.
Bref, tout ça pour dire qu'on ne manque pas de références, que tout le monde est d'accord sur le principe, toutes les familles politiques, et qu'il y a matière à exemples. Alors pourquoi choisir une lettre en particulier, et la faire lire dans tous les lycées à chaque rentrée?
Mais bien sûr... c'est parce qu'elle émeut particulièrement notre président.
Alors moi je dis stop. Il va pas nous faire pondre une circulaire à chaque fois qu'il est ému le gars. Il va pas nous polluer nos cours de lycée avec ses émotions. On est en démocratie, pas en autocratie, forcés d'aimer ou d'être émus aux mêmes choses que notre chef suprême. Il a le droit de la lire tant qu'il veut sa lettre, à chaque occasion officielle s'il veut! Mais il en fait pas une cérémonie officielle de la rentrée! Y'a le 8 mai pour ça, et les voyages de classes à Verdun pour se souvenir de l'horreur de la guerre!
Je dis stop et je réfléchis.
Oui parce que j'avais arrêté de réfléchir en relisant la lettre de Guy Môquet : elle me fait pleurer, et ça m'énerve qu'on me fasse pleurer.
Et que donnent mes réflexions?
Mais c'est bien sûr!!
La consigne au ministre de l'Education Nationale, c'est juste une provocation de plus! Comme l'identité nationale, ou les vacances chez Bolloré, ou la pédophilie héréditaire. On va bientôt voir se dérouler l'impeccable schéma :
1. Je provoque,
2. je laisse râler (y compris éventuellement dans mon propre camp)
3. J'explique en faisant des raccourcis (vous allez voir qu'en fait il a pas dit ce qu'il a voulu dire)
4. J'assume (t'as un problème avec la Résistance toi?)
D'où Glanceability.
Il choisit la lettre de Guy Môquet pour faire passer son idée, parce qu'on est forcés d'être pris aux tripes par ce texte. Ca implique un recours minimal à la raison (low cognitive effort). Hyper efficace.
Et sur la même lancée, il fait en sorte de s'approprier les valeurs de la résistance, ce qui éloigne définitivement l'accusation de fascisme qui lui a été servie pendant la campagne.
Puissant le gars.
Mais moi j'aime pas qu'on me prenne en otage de mon émotion. Et j'oublie pas qu'au passage, l'affaire du la censure au JDD a été occultée, pendant qu'on sait très bien à quelle heure Cécilia, qui s'est donc abstenue de voter pour son mari, est arrivée à Brégançon.
Glanceability, parce que quand quelque chose vous attire l'oeil, la plupart des gens ne vont pas plus loin chercher la petite bête. (y'en a peut-être pas, bien sûr, mais moi je suis fouineuse de nature, et plus on cherche à m'en mettre plein la vue, moins j'y crois)
02:05 Publié dans Les autres | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Guy Môquet, Aragon, Lorcan Dempsey, Sarkozy
11 mai 2007
Légère houle dans les eaux de Malte
On est en train de voir se dérouler l'impeccable stratégie de notre nouveau président :
1. Je provoque. Tout le monde appelle ça “une bourde”, même des gens qui m'aiment bien d'habitude ont l’occasion de s’émouvoir, ce qui montre au passage qu’ils ne sont pas mes adorateurs mais que s’ils me font confiance c’est sur mon projet (ouais, parce que moi j’ai un projet, m’sieurs dames)
2. J’explique, au besoin en faisant des raccourcis (ça fait 20 ans qu’il m’invite, 20 ans que je refuse _ bon d'accord je le connais depuis 2 ans mais vous allez pas chipoter non / je voulais pas dire “inné”, je voulais dire que c’est du déterminisme _ inné-acquis c’est pareil quoi)
3. J’assume. Et puis quoi? (vous avez un problème avec l’argent/la fierté nationale/ le fait que des gens soient des malades mentaux et qu’il faut les soigner?)
4. Je prends tout le monde à témoin de la méchanceté de mes adversaires, moi qui ne cache rien et suis tout dévoué à la cause des français. Je suis une victime, d'ailleurs j'ai toujours été une victime, on ne m'a jamais rien apporté sur un plateau, j'ai tout gagné à la sueur de mon front. Heureusement que tu m'aimes, public... euh, peuple.
Gageons que nous verrons "déferler" encore ce genre de vaguelettes. Ca me fatigue déjà. La gauche réagit au quart de tour, c'en est émouvant. Je suis sûre qu'à chaque fois Besancenot ressent une griserie particulière, qu'il se dit "ça y est, il est grillé, j'ai plus qu'à tirer sur l'ambulance, il est fini."
Ce qui est terrible, c'est qu'on ne peut pas ne pas réagir. Le point de départ est toujours une énormité, quelque chose d'incroyable, que même les adversaires les plus acharnés de Sarkozy n'auraient jamais pu imaginer ("il va pas faire ça"). Si bien qu'on est tenus, quand on est journaliste, éditorialiste, ou politique, de commenter.
Je me demande ce qu'il va nous inventer la prochaine fois. Sarkoshow.
On va bientôt rentrer dans la phase "j'assume". Il y a déjà deux sondages, DEUX, qui disent que les français ne sont que moyennement choqués.
(Sondages redressés en fonction des résultats de la présidentielle, peut-être? Moi j'dis ça, j'dis rien, mais il paraît que les chiffres bruts c'est du bidon et qu'il faut des tas d'équations très complexes pour arriver à "la Vérité", qu'il faut être au moins quartier-maître pour en comprendre une bribe... alors là ils ont redressé avec quoi les savants? l'âge du quartier-maître ou celui du capitaine?)
Sur le fond, les déclarations de Bolloré, l'amitié avec not' prés', à quel point c'est pas bien de faire des choses comme ça alors qu'on avait dit qu'on irait dans un monastère (elle était bonne celle-là hein? :D )... Le Monde fait un point cet après-midi.
J'ai une hypothèse : Chirac, partisan du "plus c'est gros mieux ça passe" a trouvé ça excellent, et c'est pour ça qu'ils étaient pliés de rire à la célébration de l'abolition de l'esclavage.
Lisette
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