26 juin 2007
Militer
A refuser d'ouvrir les yeux, à penser qu'on ne peut rien à ce qu'on est, on renonce de fait à sa liberté, tout en accusant les circonstances extérieures. Et quand on renonce à essayer d'être libre, on est pas loin de renoncer à son humanité (**).
Ce petit préambule pour vous dire que je suis en train de réfléchir, ce qui ne m'arrive que périodiquement (si je dis "exercices réguliers pour lever le brouillard", ça veut pas dire que c'est tous les quatre matins)
Quelles sont les raisons qui m'ont fait commencer à militer au mois de janvier, et valent-elles encore? Je vais commencer par les bonnes raisons, les citoyennes.
Je me souviens de ma stupéfaction le soir du 21 avril 2002. J'avais voté Bayrou au premier tour, et j'avais décidé que je voterai Jospin au second. Bayrou, c'était pour l'Europe, pour la voie d'indépendance du centre qu'il défendait déjà avec force, et parce que c'est le vote traditionnel dans ma famille.
Après le 21 avril, je me suis dit que nous avions un problème de démocratie, qui est fondamentalement un problème de confiance : les politiques ne sont pas considérés comme des "représentants du peuple", mais comme une classe à part, des élites au pouvoir, dont les motivations sont les mêmes que les autres riches et puissants. Quand j'ai vu que le FN n'avait pas un seul député, je me suis dit que ça n'allait pas s'améliorer.
J'ai pensé militer à l'UDF à ce moment là déjà, parce que je pensais que l'une des raisons de la perte de confiance, c'est la persistance d'une ligne de frontière dénuée de sens dans notre vie politique. Droite, gauche, PS, UMP, ça ne permet pas de parler des problèmes qui se posaient à nous : ni de l'Europe, ni de l'environnement, ni de l'éducation, ni de rien.
Aux législatives, j'ai voté pour la majorité présidentielle, pour une députée que je ne connaissais pas du tout (comme la plupart des gens. Au mois de décembre, je ne savais ni le nom de mon député, ni même à dire vrai le nom du maire de mon arrondissement, comme la plupart des gens je pense). Il se trouve que c'était AM Comparini, et qu'elle était UDF, mais je ne le savais pas vraiment, ça m'a évité de devoir trop réfléchir à la continuité entre mon vote aux présidentielles pour Bayrou et celui pour les législatives. Moi, ce que je voulais, c'était "majorité présidentielle". Parce que je voulais que quelqu'un fasse quelque chose, et je pensais que c'était très urgent. Je me disais que Chirac aurait tout les pouvoirs, et que, comme il ne se représenterait pas en 2007, il pourrait agir vraiment selon le bien commun, pendant 5 ans, et non pas pour assurer sa réélection. J'ai été déçue (sans blague).
L'UDF m'a aussi déçue pendant cette période. Je ne comprenais pas pourquoi toutes les alliances continuaient à se faire avec la droite. Aux régionales de 2004, à Paris, j'avais voté Santini au premier tour. Oui, parce qu'il est sympa, Santini, il a bien travaillé à Issy, et puis mon grand-père et ma mère disaient "Dédé" en parlant de lui. J'avais même été à un conseil national chez lui, avec Maman (vous voyez venir le truc là), je ne me souviens plus si c'était en 2002 ou en 2004. On avait parlé de "parti libre", d'indépendance. C'était chouette, j'étais d'accord. Je me disais que en 2002, avec la création de l'UMP ça ne le pouvait pas, mais que là, on allait jouer notre carte à nous. Je vote donc Santini. Et là, paf, au second tour, Santini il fait liste commune avec Coppé, dont la seule chose que j'avais comprise, c'est qu'il était proche de Sarkozy. Hors de question. J'ai voté Huchon. Et j'ai laissé tomber mes velléités de militantisme.
Ensuite, entre plusieurs émeutes, il y a eu le 29 mai. Je l'ai vécu comme un traumatisme. Quand on observe l'Etat du monde, je trouve que peu de choses sont porteuses d'espoir. La construction européenne fait partie de ces choses. Je sais que je suis un peu trop romantique, je fais clairement partie de ces cabris qui sautent sur une chaise en criant "l'Europe, l'Europe", et à qui ça peut suffire (même si j'essaye de me cultiver). Pour moi, l'Europe, c'est l'idée d'une Nation qui prend forme et se donne un contour géopolitique sans passer par la guerre (après avoir mis le monde à feu et à sang, pour résumer, et sans passer par la case colonialisme et esclavage). C'est proprement enthousiasmant.
Alors le vote non, ça m'a achevée. Nous étions en passe de franchir le cap politique de cette construction. J'étais tellement sonnée que j'ai pensé pendant 3 jours que le suffrage universel était une mauvaise chose. Je m'en suis remise, mais je ne pardonnerai jamais à Fabius. Et surtout je me suis dit que la prochaine fois, je ne laisserai pas les choses se faire sans moi. Le prochain scrutin, je donnerai de la voix. Cette conviction s'est renforcée au cours des mois qui ont suivi. J'ai compris petit à petit les raisons du non, et que certaines de ces raisons pouvaient être bonnes, ou en tout cas se comprendre. Mais aussi que beaucoup de gens n'avaient pas compris, et qu'il aurait fallu plus d'explication.
J'étais sonnée aussi parce que j'avais perdu ma maman un mois avant, et que son dernier combat politique avait été le TCE. Il ne lui restait plus que quelques mois à vivre, et profitant d'une rémission, elle participait à une conférence sur les enjeux de l'Europe, dans mon coin de Bretagne. Je me souviens qu'elle avait travaillé avec mon petit frère. Ca s'était drôlement bien passé, elle était fière. J'ai donc pris le non au TCE comme une insulte insupportable à la mémoire de ma mère.
Mais là, nous touchons aux mauvaises raisons qui m'ont fait commencer à militer. Ce sera pour une prochaine fois.
Lisette
(*) liberté sans laquelle il n'y a pas de moralité, de toute façon. (il reste un bien et un mal, dans l'absolu, mais sans subjectivité pour choisir ou rejeter, il n'y a pas de moralité)
(**) soit dit sans référence religieuse, mais cette réflexion prend sens dans une vie de foi.
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23:05 Publié dans Militante | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : maman, Europe, TCE, constitution européenne, militer, politique, engagement
23 juin 2007
Ils y sont arrivés
Pour un compte rendu des heurts et malheurs de la négociation, voyez chez Jean Quatremer. Et Giscard se fend d'un blog pour expliquer à quelle aune, à son avis, il faudra juger le nouveau texte. Il le fait vraiment, d'ailleurs, en répondant à ses commentateurs.
A priori, quand les gens trouvent un accord, je suis contente. On verra ensuite ce qu'il a fallu sacrifier, et comment seront établies les majorités pour les votes, quel sera le poids de l'Allemagne, etc...
Mais on ne m'ôtera pas de l'idée que la vision de ces politiques enfermés dans un bâtiment toute une nuit, et finissant par nous sortir un texte ... ce n'est pas une image démocratique. Ca ne contribue pas à montrer que c'est l'Europe des peuples qui est en marche après l'Europe des technocrates, que nous allons avoir réellement une citoyenneté européenne qui était un peu virtuelle.
Il faut un référendum.
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12:25 Publié dans Projet | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : europe, quatremer, giscard, TCE, mini-traité
31 mars 2007
une cyber soirée européenne
Je reviendrai ce week-end sur des choses qui m'agacent dans la presse et les commentaires ces temps-ci. En attendant, je relaye cette invitation à une cyber-soirée européenne. Tadaa!!
OK, j'avoue que l'expression me fait sourire.
C'est l'occasion de parler de la France d'une autre façon, d'évoquer notre avenir, l'Europe que nous voulons, la façon dont nous souhaitons qu'elle pèse dans le monde, la façon dont nous souhaitons qu'elle se construise.
EDIT : Voyez ici le compte-rendu!
Le mardi 3 avril prochain Café politique sur la Prochaine présidence française de l'Union.
à 19h au Frog and British Library 114, avenue de France Paris 13ème (à côté de la BNF).
L'Europe...la grande absente de cette campagne présidentielle française... sauf pour nous et pour les internautes européens ! Les Jeunes UDF de Paris vous invitent, dans un cadre convivial, à la première cyber soirée européenne : un débat exceptionnel sur l'Europe avec la participation de jeunes internautes de plusieurs pays d’Europe et de blogueurs français, le 3 avril prochain : réservez votre date !
Notre volonté est d'interpeler directement les intervenants via notamment un réseau d'internautes européens connectés, ou non, en direct. Envoyez-nous dès maintenant vos questions par l'intermédiaire de cette adresse contact@jeunesudf75.org
La soirée débutera par un apéritif à 19h, puis se poursuivra par un débat à partir de 20h30 sur la question européenne.
Nos invités seront :
Jean-Louis BOURLANGES, Député Européen
et
Guillaume KLOSSA, président d’EuropaNova.
Voici les différents thèmes que nous souhaitons aborder :
• Existe-t-il une conscience européenne, ou les Etats Nations, après l’échec du referendum européen en France, sont-ils encore une réalité indépassable ?
• La France a-t-elle encore un rôle à jouer en Europe ?
• Quels sont les enjeux et les défis à relever pour la prochaine Présidence française de l’Union européenne qui prendra effet en Juillet 2008, avec le (la) nouveau (elle) Président(e) de la République ?
18:55 Publié dans réunions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : construction européenne, Europe, Jean-Louis Bourlanges, UDF
11 mars 2007
Nous avons fêté l'anniversaire du Traité de Rome sur le Pont des Arts
Anniversaire du Traité de Rome
Vidéo envoyée par margauxweb

14:05 Publié dans Militante | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : traité de rome, goûter d'anniversaire, Europe, pont des arts, jeunes UDF, potica
12 février 2007
Le TCE par Bayrou
En réponse à Patrick, qui s'étonne des critiques de Bayrou sur le TCE dans mon précédent message, et en contrepoint au discours de Strasbourg ce soir (que je n'ai pas encore écouté, vu que j'étais en réunion), voici une petite vidéo tirée du Politicshow :
23:30 Publié dans Projet | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : geek, tce, référendum, présidentielles, commando, europe, politic'show


