26 juin 2007

Militer

Comme les voies du Seigneur, les routes de nos vies sont impénétrables, y compris le plus souvent à nous-mêmes. Le plupart du temps, à la croisée des chemins, on s'engage d'un côté ou de l'autre selon les indices qu'on croit discerner, mais sans savoir vraiment. Tant de déterminismes nous brouillent la vue : physiologiques, psychologiques, sociaux, économiques, familiaux, géopolitiques... Je pense qu'un des principaux devoirs moraux est de rester libre(*), ce qui implique des exercices réguliers pour lever le brouillard, comprendre ce qui m'agit, et m'assurer que ce chemin que j'ai choisi pour des raisons qui m'ont un peu échappées sur le moment, me convient réellement. Quitte à revenir en arrière s'il le faut. Parmi les déterminismes, il y en a sur lesquels ma volonté ne peut rien, comme mes capacités physiques, d'autres sur lesquelles je peux agir dans une certaine mesure, comme ma situation économique et sociale, et d'autres qui ne dépendent que de moi. Parmi les voies qui me sont réellement offertes, ai-je choisi la meilleure? Où me mène ce chemin et est-ce que je veux vraiment y aller?
A refuser d'ouvrir les yeux, à penser qu'on ne peut rien à ce qu'on est, on renonce de fait à sa liberté, tout en accusant les circonstances extérieures. Et quand on renonce à essayer d'être libre, on est pas loin de renoncer à son humanité (**).

Ce petit préambule pour vous dire que je suis en train de réfléchir, ce qui ne m'arrive que périodiquement (si je dis "exercices réguliers pour lever le brouillard", ça veut pas dire que c'est tous les quatre matins)

Quelles sont les raisons qui m'ont fait commencer à militer au mois de janvier, et valent-elles encore? Je vais commencer par les bonnes raisons, les citoyennes.

Je me souviens de ma stupéfaction le soir du 21 avril 2002. J'avais voté Bayrou au premier tour, et j'avais décidé que je voterai Jospin au second. Bayrou, c'était pour l'Europe, pour la voie d'indépendance du centre qu'il défendait déjà avec force, et parce que c'est le vote traditionnel dans ma famille.
Après le 21 avril, je me suis dit que nous avions un problème de démocratie, qui est fondamentalement un problème de confiance : les politiques ne sont pas considérés comme des "représentants du peuple", mais comme une classe à part, des élites au pouvoir, dont les motivations sont les mêmes que les autres riches et puissants. Quand j'ai vu que le FN n'avait pas un seul député, je me suis dit que ça n'allait pas s'améliorer.
J'ai pensé militer à l'UDF à ce moment là déjà, parce que je pensais que l'une des raisons de la perte de confiance, c'est la persistance d'une ligne de frontière dénuée de sens dans notre vie politique. Droite, gauche, PS, UMP, ça ne permet pas de parler des problèmes qui se posaient à nous : ni de l'Europe, ni de l'environnement, ni de l'éducation, ni de rien.

Aux législatives, j'ai voté pour la majorité présidentielle, pour une députée que je ne connaissais pas du tout (comme la plupart des gens. Au mois de décembre, je ne savais ni le nom de mon député, ni même à dire vrai le nom du maire de mon arrondissement, comme la plupart des gens je pense). Il se trouve que c'était AM Comparini, et qu'elle était UDF, mais je ne le savais pas vraiment, ça m'a évité de devoir trop réfléchir à la continuité entre mon vote aux présidentielles pour Bayrou et celui pour les législatives. Moi, ce que je voulais, c'était "majorité présidentielle". Parce que je voulais que quelqu'un fasse quelque chose, et je pensais que c'était très urgent. Je me disais que Chirac aurait tout les pouvoirs, et que, comme il ne se représenterait pas en 2007, il pourrait agir vraiment selon le bien commun, pendant 5 ans, et non pas pour assurer sa réélection. J'ai été déçue (sans blague).

L'UDF m'a aussi déçue pendant cette période. Je ne comprenais pas pourquoi toutes les alliances continuaient à se faire avec la droite. Aux régionales de 2004, à Paris, j'avais voté Santini au premier tour. Oui, parce qu'il est sympa, Santini, il a bien travaillé à Issy, et puis mon grand-père et ma mère disaient "Dédé" en parlant de lui. J'avais même été à un conseil national chez lui, avec Maman (vous voyez venir le truc là), je ne me souviens plus si c'était en 2002 ou en 2004. On avait parlé de "parti libre", d'indépendance. C'était chouette, j'étais d'accord. Je me disais que en 2002, avec la création de l'UMP ça ne le pouvait pas, mais que là, on allait jouer notre carte à nous. Je vote donc Santini. Et là, paf, au second tour, Santini il fait liste commune avec Coppé, dont la seule chose que j'avais comprise, c'est qu'il était proche de Sarkozy. Hors de question. J'ai voté Huchon. Et j'ai laissé tomber mes velléités de militantisme.

Ensuite, entre plusieurs émeutes, il y a eu le 29 mai. Je l'ai vécu comme un traumatisme. Quand on observe l'Etat du monde, je trouve que peu de choses sont porteuses d'espoir. La construction européenne fait partie de ces choses. Je sais que je suis un peu trop romantique, je fais clairement partie de ces cabris qui sautent sur une chaise en criant "l'Europe, l'Europe", et à qui ça peut suffire (même si j'essaye de me cultiver). Pour moi, l'Europe, c'est l'idée d'une Nation qui prend forme et se donne un contour géopolitique sans passer par la guerre (après avoir mis le monde à feu et à sang, pour résumer, et sans passer par la case colonialisme et esclavage). C'est proprement enthousiasmant.
Alors le vote non, ça m'a achevée. Nous étions en passe de franchir le cap politique de cette construction. J'étais tellement sonnée que j'ai pensé pendant 3 jours que le suffrage universel était une mauvaise chose. Je m'en suis remise, mais je ne pardonnerai jamais à Fabius. Et surtout je me suis dit que la prochaine fois, je ne laisserai pas les choses se faire sans moi. Le prochain scrutin, je donnerai de la voix. Cette conviction s'est  renforcée au cours des mois qui ont suivi. J'ai compris petit à petit les raisons du non, et que certaines de ces raisons pouvaient être bonnes, ou en tout cas se comprendre. Mais aussi que beaucoup de gens n'avaient pas compris, et qu'il aurait fallu plus d'explication.

J'étais sonnée aussi parce que j'avais perdu ma maman un mois avant, et que son dernier combat politique avait été le TCE. Il ne lui restait plus que quelques mois à vivre, et profitant d'une rémission, elle participait à une conférence sur les enjeux de l'Europe, dans mon coin de Bretagne. Je me souviens qu'elle avait travaillé avec mon petit frère. Ca s'était drôlement bien passé, elle était fière. J'ai donc pris le non au TCE comme une insulte insupportable à la mémoire de ma mère.

Mais là, nous touchons aux mauvaises raisons qui m'ont fait commencer à militer. Ce sera pour une prochaine fois.

Lisette

(*) liberté sans laquelle il n'y a pas de moralité, de toute façon. (il reste un bien et un mal, dans l'absolu, mais sans subjectivité pour choisir ou rejeter, il n'y a pas de moralité)
(**) soit dit sans référence religieuse, mais cette réflexion prend sens dans une vie de foi.

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23 juin 2007

Ils y sont arrivés

Nuit blanche à Bruxelles. Qu'est-ce qui va sortir de tout ça?
Pour un compte rendu des heurts et malheurs de la négociation, voyez chez Jean Quatremer. Et Giscard se fend d'un blog pour expliquer à quelle aune, à son avis, il faudra juger le nouveau texte. Il le fait vraiment, d'ailleurs, en répondant à ses commentateurs.

A priori, quand les gens trouvent un accord, je suis contente. On verra ensuite ce qu'il a fallu sacrifier, et comment seront établies les majorités  pour les votes, quel sera le poids de l'Allemagne, etc...

Mais on ne m'ôtera pas de l'idée que la vision de ces politiques enfermés dans un bâtiment toute une nuit, et finissant par nous sortir un texte ... ce n'est pas une image démocratique. Ca ne contribue pas à montrer que c'est l'Europe des peuples qui est en marche après l'Europe des technocrates, que nous allons avoir réellement une citoyenneté européenne qui était un peu virtuelle.

Il faut un référendum.


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31 mars 2007

une cyber soirée européenne

Je reviendrai ce week-end sur des choses qui m'agacent dans la presse et les commentaires ces temps-ci. En attendant, je relaye cette invitation à une cyber-soirée européenne. Tadaa!!
OK, j'avoue que l'expression me fait sourire.
C'est l'occasion de parler de la France d'une autre façon, d'évoquer notre avenir, l'Europe que nous voulons, la façon dont nous souhaitons qu'elle pèse dans le monde, la façon dont nous souhaitons qu'elle se construise.

EDIT : Voyez ici le compte-rendu!

Le mardi 3 avril prochain Café politique sur la Prochaine présidence française de l'Union.

à 19h au Frog and British Library 114, avenue de France Paris 13ème (à côté de la BNF).

L'Europe...la grande absente de cette campagne présidentielle française... sauf pour nous et pour les internautes européens ! Les Jeunes UDF de Paris vous invitent, dans un cadre convivial, à la première cyber soirée européenne : un débat exceptionnel sur l'Europe avec la participation de jeunes internautes de plusieurs pays d’Europe et de blogueurs français, le 3 avril prochain : réservez votre date !


Notre volonté est d'interpeler directement les intervenants via notamment un réseau d'internautes européens connectés, ou non, en direct. Envoyez-nous dès maintenant vos questions par l'intermédiaire de cette adresse contact@jeunesudf75.org


Quelle Europe avec François BAYROU ? Quelle place pour la France dans l’Europe ?

La soirée débutera par un apéritif à 19h, puis se poursuivra par un débat à partir de 20h30 sur la question européenne.

Nos invités seront :
Jean-Louis BOURLANGES, Député Européen
et
Guillaume KLOSSA, président d’EuropaNova.

Voici les différents thèmes que nous souhaitons aborder :
• Existe-t-il une conscience européenne, ou les Etats Nations, après l’échec du referendum européen en France, sont-ils encore une réalité indépassable ?
• La France a-t-elle encore un rôle à jouer en Europe ?
• Quels sont les enjeux et les défis à relever pour la prochaine Présidence française de l’Union européenne qui prendra effet en Juillet 2008, avec le (la) nouveau (elle) Président(e) de la République ?


11 mars 2007

Nous avons fêté l'anniversaire du Traité de Rome sur le Pont des Arts


Anniversaire du Traité de Rome
Vidéo envoyée par margauxweb
Vidéo de l'Anniversaire des 50 ans du traité de Rome par les Jeunes UDF de paris, sur le pont des arts le 25 mars 2007. Pour le chant, c'était polyphonique mais on avait pas fait exprès ;) Il faisait environ moins quarante douze, Mais les gâteaux étaient super bons, y compris ma potica, dixit un slovène. On avait rien fait cramer!!

12 février 2007

Le TCE par Bayrou

En réponse à Patrick, qui s'étonne des critiques de Bayrou sur le TCE dans mon précédent message, et en contrepoint au discours de Strasbourg ce soir (que je n'ai pas encore écouté, vu que j'étais en réunion), voici une petite vidéo tirée du Politicshow :

 

 
Quelques phrases choc :
"Il se trouve que (...) je n'ai jamais cru que le référendum pourrait l'emporter. J'étais pour le référendum, car je pense que les décisions comme ça ne peuvent se prendre qu'avec les français, mais dès le premier jour où cette décision a été prise, j'ai expliqué à mes amis qui étaient très sceptiques en face de mon analyse, que je voyais pas comment le oui pourrait l'emporter. Et j'ai fait un pari écrit, peut-être le 10 janvier,pour le non à 55%. A l'époque les sondages sont à 70% pour le oui. Je me souviens parfaitement d'avoir fait cette analyse au Président de la République, et d'avoir, pour être sûr que ça se saurait, fait à la sortie une déclaration, que vous trouverez à l'AFP, où j'explique qu'il y a trois sources qui vont nourrir le non et que ce sont des sources extrêmement dangereuses. A l'époque, je dis "il faut tout faire pour empêcher que...", bon, mais c'est ma certitude que ça va se passer comme ça. La première source c'est que le texte est très difficilement compréhensible, la deuxième source c'est que ce texte va donner aux gens l'impression qu'on leur impose un modèle de société qui n'est pas le leur, qu'ils ne veulent pas (...) parce que ils y voient un projet dont ils ne veulent pas. Troisièmement, le problème de l'adhésion de la Turquie va poser, en termes d'identité de l'Europe une question impossible à dépasser.
Et donc l'addition de tout ça devait faire un non à peu près certainement. Et en plus le fait que tous les puissants soient du même avis, naturellement, ça change les choses. Alors moi je me bats, je fais un livre pour expliquer qu'il faut voter oui, je fait tout ce que je peux, mais je n'ai jamais cru que le oui l'emporterait."
  
"Bayrou le geek"
 
"L'UDF c'est un commando". Râaa je le savais, je le savais que j'étais une warrior.
 
:D