18 juin 2007
Bon ben voilà
... il a vraiment fallu que je me force à aller voter.
Dans la 10è circonscription de Paris, c'était le PS Blisko, sortant, maire du 13è, contre l'UMP Véronique Vasseur. J'ai beaucoup hésité.
Je n'ai rien contre Blisko, j'aime bien le travail de Delanoë à Paris, et pour ce que j'en sais Blisko est plutôt bon dans le 13è (sauf peut-être sur le départ du Grand Ecran Italie). Mais il a fait campagne d'une façon que je déteste, avec des expressions incroyablement dépassées, genre "une gauche efficace, une gauche qui protège". Et pis c'est un Fabiusien et j'aime pas Fabius. En face, c'était Véronique Vasseur, une ancienne UDF, qui s'est fait connaître pour son travail dans les prisons. C'est quelqu'un de bien.
Mais, bien sûr, la question était doublée d'un enjeu municipal : il vaut mieux à Paris que les reports de voix MoDem aillent vers Delanoë, et il se trouve que j'aime bien Delanoë. Il y avait également un enjeu national, mais là c'était du kif-kif. A quoi bon donner ma voix à un député, droite ou gauche, dont je peux déjà prédire le vote sur chacun des projets de loi qui sera proposé pendant la législature? L'UMP ne pouvait pas perdre ce scrutin, la majorité absolue lui était déjà acquise. Pour la "force de proposition" (c'est ironique, pas de méprise) que représente le PS en ce moment, 100 députés auraient été bien suffisants. Dans les deux cas, un député de plus ou de moins...
Restait le "message". Ah oui, le "message". Le vote "de protestation". Le choix de la pluralité quoi, auquel on a appelé les électeurs MoDem entre les deux tours, c'est à dire la gauche contre la droite. Ou l'abstention? Ou le blanc? Je me suis décidée en allant voter. J'ai eu le temps de réfléchir parce que j'avais mis des talons aiguilles, et que du coup je faisais de tous petits pas.
60% de participation. C'est donc minable. Vive les législatives, vive les circonscriptions au découpage desquelles personne ne comprend rien, et qui ne correspondent à aucun des niveaux de découpage du territoire français (et pourtant, il y en a!). Vive le scrutin majoritaire, qui enlève tout intérêt et bipolarise le débat de façon factice.
L'UMP a une majorité, mais ils ne sont quand même pas contents parce qu'ils ont moins qu'en 2002. Didier Julia est réélu, pas Juppé : joli. Je trouve ça dommage pour Juppé, et pour le ministère de l'écologie. Je sais pas bien qui ils vont pouvoir trouver pour le remplacer... or, la personnalité du ministre faisait beaucoup dans ce ministère aux attributions multiples, mais surtout aux co-attributions multiples. Les rapports avec les lobbys énergétiques et le ministère des transports d'une part, et avec les lobbys paysans et le ministère de l'agriculture d'autre part, vont être singulièrement compliqués. Il va falloir revoir les attributions? Mais Carignon est battu, ce qui est une bonne chose.
J'ai trouvé le discours de Fillon premier ministre excellent. Parlant de l'inanité du clivage droite-gauche. J'ai trouvé son discours face à l'UMP de Paris, à la Maison de la Chimie, assez décevant, du coup. Avec une remarque intéressante : c'est la première fois qu'une majorité est reconduite, se félicitait-il. C'est bien ce que certains ont essayé de dire pendant la campagne : on a réélu les sortants. Merci pour la rupture. Cette rupture, dont on pouvait à la rigueur admettre l'idée aux présidentielles étant donnée la personnalité du leader, était évidemment indéfendable aux législatives. Les français ont reconduit, un peu moins mais reconduit tout de même, la majorité qui a voté comme un seul homme le CPE, dont elle pensait comme N. Sarkozy que c'était une mauvaise idée. Rien que pour ne pas se mettre en porte-à-faux avec Villepin. Comme c'est malin. Mais bien sûr, comme me l'a dit une dame près de Montparnasse, Sarkozy c'est pas Chirac, il n'aura pas de mauvaise idée. Ah bon... si c'est comme ça alors...
Le PS fait 70 sièges de plus. Zut, c'est presque trop. J'espère qu'ils ne vont pas en profiter pour se sentir trop bons, c'est qu'ils nous feraient presque passer ça pour une victoire, les gaillards. Heureusement que Ségolène a fait discours improbable à Melles, sur le même ton qu'au soir du premier tour, et que pendant ce temps ses amis prenaient l'air consterné. Heureusement qu'enfin elle annonce sa séparation d'avec Hollande, heureusement que Strauss-Kahn dit qu'ils ont quand même essuyé une défaite. Suis bien contente qu'il soit élu, d'ailleurs, vous aviez deviné que j'avais un peu de mal avec Sylvie Noachovitch ;) (je me demande si elle va arrêter la télé elle)
Le MoDem a fait 4 élus sur 6 circonscriptions. Ce qui est bien mais peu. Ou peu, mais bien. Dans la lignée du premier tour quoi. Je suis très déçue pour JM Cavada, mais très contente pour Jean Lassalle. La seule triangulaire quand même. Contente pour le breton aussi : Thierry Benoît, en Ille-et-Villaine. Et Mayotte, "la lointaine Mayotte", comme le dit Bayrou qui n'a pas l'air d'y croire... Abdoulatifou Aly. Je trouve ça amusant : Mayotte, le Béarn, la Bretagne. Ca fait un quatuor d'hommes des terres lointaines. Je me demande ce que fera JC Lagarde, finalement. Ca ferait 5 circonscriptions.
Sur TFI, M. de Sarnez a superbement ignoré H. Morin. Celui-là, quand il parlait, on ne savait plus qui il défendait, à force de dire qu'il serait indépendant pour défendre le programme qu'il avait soutenu aux côtés de F. Bayrou. Un peu plus tard, sur France 3, j'ai entendu Didier Bariani. Hum, j'ai un peu de mal avec lui, et lui a manifestement un peu de mal à avouer qu'à Paris, nos amis c'est l'équipe de Delanoë. Encore plus tard, on a eu F. Sauvadet du Nouveau Centre. Lui je l'aime bien. Il a eu des mots justes à propos du débat sur la TVA sociale.
J'espère qu'on pourra reconstruire le Centre avec certains des anciens ex. Je me souviens de ma mère, en 2002, s'étonnant de certaines défections, et prédisant leur retour un jour. :)
Voilà.... Je me pose beaucoup de questions en ce moment. Notamment sur la nature de mon engagement militant, et sa pérennité. Suis-je vraiment une femme politique? Est-ce que je souhaite m'investir durablement dans cette activité? Que faire pendant les municipales? Avec qui? (et où, à supposer que je parvienne à déménager...)
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11:10 Publié dans Médias, Projet | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : legislatives, vote, droit de vote, devoir de voter, hésitations, vote blanc, udf
12 juin 2007
Laminés?
Dans quel état est le MoDem, dans quel état sommes-nous?Notre situation est compliquée, encore plus que ce que nous pensions avant les défections massives de nos députés. Nos sympathisants ne sont pas venus voter pour nous. On répète partout que nous sommes laminés, et Sarkozy se permet aujourd'hui de jouer le grand seigneur en demandant à son candidat de se retirer dans la circonscription de Bayrou... qui n'a pas besoin de lui pour se faire réélire! Mais ça permet de faire passer le président du MoDem pour une marionnette.
Plus grand monde ne croit qu'on peut survivre en étant indépendant... enfin si, 7.6% des français, et 11-12% dans les grandes villes.
Sommes-nous laminés?
Il y a deux façons de voir les choses.
1. Le MoDem est un nouveau parti : alors nous commençons à 7,6%, soit au-dessus de 5%, ce qui de nos jours n’est pas si courant, avec un dirigeant qui fait parti des personnalités politiques les plus appréciées, et en faisant même 11-12% dans les grandes villes.
Ce en trois mois de campagne présidentielle médiatisée, et trois semaines de campagne pour les législatives. C’est plutôt un très bon départ, il me semble!
- Financièrement, nos comptes sont épurés, alors qu’en 2006 nous sortions juste du rouge de la campagne présidentielle précédente. Par rapport à 2006, nous sommes passés de 30 000 à 70 000 adhérents, sans aucune campagne papier, juste en mettant un formulaire à disposition sur internet. Ces gens rapportent des cotisations, et militent pour nous.
Nous bénéficions du financement public, à un niveau que je ne connais pas encore, mais en partant d'une situation saine, alors qu'elle ne l'était pas pendant la précédente législature.
- Du côté des idées, nous nous donnons les moyens de notre indépendance. Cela se passe dans la douleur (plus de groupe à l’Assemblée), mais nous pouvons être nous-mêmes, et défendre notre programme et nos idées. Pendant la présidentielle, il a été très difficile d’expliquer que nous n’étions pas “un parti de droite”. Grâce à la merveilleuse technologie du répondeur, nous ne devenons pas pour autant "un parti de gauche".
Et, par conséquent, nos candidatures deviennent légitimes, et ne sont pas de simples témoignages appelés à se réfugier dans le giron des candidats sérieux dès que la cloche sonne. Nous prétendons avoir des projets originaux pour notre pays ou nos collectivités, ce qui est, il me semble, une condition pour présenter des candidatures crédibles.
- Politiquement, nous avons fait plus de voix qu'aux précédentes législatives, et avons lancés une génération de nouveaux candidats, souvent le baptême du feu, comme l'a dit Bayrou, et qui pourront animer leurs fédérations.
Rien n’est gagné, tout est à faire. Mais tout est possible. Comme je l'écrivais hier : "si tu n'espère pas l'inespéré, tu ne le trouveras pas". Ca fait classe parce que c'est Héraclite, mais on peut dire ça de façon plus paysanne : aide-toi, le ciel t'aidera (et si vous allez voir ici, vous retrouverez un des premiers grands hommes politiques de l'histoire du centre, et tomberez à genoux devant mon incroyable culture et mon sens de l'a propos).
Qu'avons-nous à prouver?
1. Que nous existons. Que des militants continuent d'y croire, et que nous pouvons fédérer des gens autour de nos idées. Qu'une dynamique est née, et que ça vaut le coup de voter pour des gens qui ne sont pas condamnés à perdre. Ce sera notre travail de fourmis à nous, militants, au quotidien, dans nos facs, nos boulots, nos associations, nos loisirs, sur internet et dans les cafés.
2. Que notre positionnement politique central est possible, et même qu'il a toujours existé. Qu'il y a toujours eu un centre en France, que l'alliance avec la droite n'a été vraie qu'un temps, dans des circonstances bien particulières, quand le PC était fort, pendant la guerre froide. Nous devons montrer que le clivage droite/gauche en France n'est plus opérant, tant sur les valeurs que sur les propositions concrètes. Qu'il existe en revanche des conceptions différentes du pouvoir, et du rôle de l'Etat dans la société, des démocrates et des républicains, si l'on veut.
3. Que nous pouvons construire des alliances. Locales, et diverses. Et gagnantes (oui, à un moment, il va falloir gagner quand même :) ) Ca va être l'objectif des municipales par exemple.
4. Que nous pouvons jouer un rôle politique. Il va nous falloir prendre des positions fortes (et documentées) sur des sujets précis,délaissés par les autres ou mal compris. Comme cela s'était produit,pendant la précédente législature, à propos des privatisations d'autoroutes, ou bien du débat sur la loi DADVSI.Faut-il être déçus?
Oui, et même assommés, parce que 7.6%, ça fait mal... nous pouvions espérer plus de 400 triangulaires au lendemain du premier tour, il y en aura 6 au deuxième tour. Nos sympathisants ne se sont pas déplacés.
Mais finalement... Prenons la mesure des choses. Bayrou a toujours dit que c'est par l'élection présidentielle ("ce scrutin si particulier") que les choses pourraient vraiment bouger en France, et que les citadelles s'effriteraient. Il est possible, après tout, que la citadelle PS se soit effritée beaucoup plus encore qu'il n'y paraît. Et il est possible également que l'immense foule des députés UMP ne parvienne pas, pendant la durée de la législature, à maintenir l'unité de façade imposée à l'UMP par son président.
En attendant, à partir du moment où les français ne nous ont pas choisis pour figurer au second tour, effectivement, nous sommes dans une situation délicate.
Mais cette situation, nous ne devons pas la comparer uniquement avec nos espoirs de la campagne présidentielle. Il faut la comparer avec ce que nous étions et pouvions espérer avant cette campagne, et voir si nous avons progressé.
La réponse est oui. Alors continuons.
Je vous disais que nous étions têtes brûlées en politique. Quand on court dans les ronces, on s'égratigne! Mais c'est là que sont les meilleures mûres, à la fin des vacances. Et même, éventuellement, comme c'est le cas sur la photo et dans mon coin de Bretagne, au bout du chemin, il y a l'horizon dégagé et la bonne odeur de la mer. ;)
A part ça, c'est bientôt mon anniversaire, et ce soir Julien va gagner la Nouvelle Star : Enfin une élection où je soutiens le gagnant!
Lisette
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19:00 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : legislatives, bayrou, modem, mouvement démocrate, udf, election présidentielle, elections législatives
08 juin 2007
Quelques actions militantes...
Dimanche dernier, je me suis choppé un rhume des foins phénoménal.
A 9h du matin (un dimanche, je rappelle), j'étais au siège avec Laura pour réceptionner les 10 000 fleurs oranges commandées par les candidats de Paris. Jusqu'à 11h, on a fait la distribution.
Après, bien sûr, tractage et distribution de fleurs sur les marchés. Le plus important, c'est de noter mon initiative esthétique :
Pas mal, l'orange sur le bleu vif non?
Et ce soir, donc, c'était café philo au Raspail Vert, avec Daniel Lindenberg (sur la droite) et Michel Marian (au milieu). Je sais que mon amie Séronique est impatiente de voir les photos. 

J'ai vécu un grand moment de solitude, quand Danièle a évoqué une hypothèse que j'avais développée à dîner un soir : Bayrou est probablement un spinoziste qui s'ignore. Et elle m'a invitée à expliciter.
Ah ah ah.
Bon, Gaëtane vient de se faire éjecter de la Nouvelle Star. C'est un peu dommage... Mais c'est évidemment Julien qui va gagner.
10:30 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Spinoza, Danièle Auffray, UDF, MoDem, Mouvement Démocrates, légistatives
05 juin 2007
Grégory Perrin : changer le visage de l'Assemblée
Grégory Perrin
Vidéo envoyée par lefigaro
16:30 Publié dans Projet | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Gregory Perrin, UDF, MoDem, Mouvement Démocrate, tétraplégique, fauteuil roulant, handicap
Quelques rendez-vous
00:35 Publié dans réunions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Danièle Auffray, UDF, MoDem, législatives 2007, café philo, café philosophique



